Prix Mnémosyne 2005

Le choix du jury s’est porté sur le mémoire de maîtrise de :

 

Hélène Jacquemin, Livres et jeunes filles nobles. L’exemple de la maison royale Saint-Louis de Saint-Cyr (1686-1793)

 

sous la direction d’Anne-Marie Cocula et Dominique Picco, Université Michel de Montaigne, Bordeaux

 

Le prix lui a été remis lors de l’assemblée générale du 1er octobre 2005 et a été publié aux presses universitaires d’Angers en 2007.

 

La société française du XVIIe siècle admet comme un lieu commun le postulat de l’infériorité du second sexe. Par conséquent, l’éducation des jeunes filles jugée inutile voire nuisible, est souvent délaissée même chez les élites. Voulant faire des petites filles de bonnes chrétiennes, la Réforme catholique a toutefois initié dès le XVIe siècle un mouvement en faveur de l’instruction féminine, qui s’est traduit par la création d’ordres à vocation enseignante, mais le programme éducatif reste limité.

Aussi la création de la maison royale Saint-Louis de Saint-Cyr en 1686 fait-elle figure d’exception en soutenant la volonté royale de soumettre le second ordre par façonnage de la future élite féminine du royaume, tout en répondant à une mission de propagation de la foi.

Le livre est aujourd’hui, pour l’historien, révélateur de ces deux faces complémentaires de Saint-Cyr, comme il fut autrefois un outil de cette œuvre. Omniprésent, polyvalent, il occupait une place matérielle et spirituelle de premier plan. En dépit des préventions des pédagogues méfiants à l’égard de ces objets potentiellement diaboliques, agents de divertissement et de perversion. Mme de Maintenon, imitée ensuite par les supérieures de la Maison royale, a su faire profiter Saint-Cyr de leur contenu. Quelle était la composition de la bibliothèque de la Maison royale ? Comment fonctionnait-elle ? Qui y avait accès et dans quelle mesure ?

Si l’analyse thématique des bibliothèques développée dans cet ouvrage offre une nouvelle approche des idées et des centres d’intérêt des pensionnaires de Saint-Cyr, ainsi que de l’enseignement qui y était dispensé, elle permet également de faire la part entre les discours dithyrambiques qui font de Saint-Cyr un modèle de modernité, en louant l’aspect révolutionnaire de cet enseignement féminin, et les nombreuses critiques adressées à la maison d’éducation, accusée de stagnation, et donc de passéisme à la fin de son existence.

 

CANDIDAT-E-S AU PRIX MNEMOSYNE 2005

Laurène BERTRAND, Le rôle de la Franc-maçonnerie à la Belle Époque selon les premières femmes initiées : entre tradition et revendications féministes, maîtrise d’histoire contemporaine sous la direction de Jean-Pierre Chaline, Université Paris IV, juin 2005.

 

Marion BLANC-TAILLEUR, Le planning familial à travers l’exemple de Grenoble, de la loi Neuwirth à la loi Veil (1967-1975), Maîtrise d’histoire contemporaine sous la direction d’Anne Hugon, Université Pierre Mendès-France, Grenoble II, septembre 2004.

 

Christelle BRUNET, Fanny Raoul, écrivain et journaliste sous Napoléon et la Première Restauration (1772-1815). Maîtrise d’histoire contemporaine, sous la direction de Marcel Dorigny, Université Paris VIII – Saint-Denis/Vincennes, septembre 2004.

 

Clara DANIEL, La mode féminine à Rennes, de 1920 à 1960. De la garçonne à la femme émancipée, mythes et réalité. Maîtrise sous la direction de Mme Cocaud, Université Rennes 2 – Haute Bretagne, septembre 2004.

 

Solène DAOUDAL, Sirènes romanes en Poitou, Xe – XIIe siècles, Avatars sculptés d’une figure mythique, maîtrise d’histoire médiévale sous la direction de Jean-Marie Guillouët, Université de Nantes, septembre 2004.

 

Blanche DELABORDE, Le magazine Ah! Nana (1976-1978), maîtrise d’histoire contemporaine, sous la direction de Nicolas Bourguinat, Université Marc Bloch – Strasbourg II, juin 2005.

 

Jean-Pierre DELTOUR, Violence et déshonneur en pays Tarnais. Enquête sur le seuil de l’anormalité, Archives judiciaires du Tarn (1679-1789), maîtrise sous la direction de Sylvie Mouysset, Université Toulouse II- Le Mirail, septembre 2004.

 

Julien DEROUET, Rôles et représentations des personnages masculins et féminins dans la bande dessinée historique : étude de la collection Vécu des éditions Glénat, maîtrise histoire contemporaine sous la direction de Christine Bard, Université d’Angers, septembre 2004.

 

Hélène JACQUEMIN, Livres et jeunes filles nobles. L’exemple de la Maison royale Saint-Louis de Saint-Cyr (1686-1793), Maîtrise d’histoire sous la direction de Anne-Marie Cocula et Dominique Picco, Université Michel de Montaigne de Bordeaux, juin 2005.

 

Aurélie LARCHER, L’impératrice Sabine, master 1 d’histoire romaine sous la direction de Bernard Rémy, Université Pierre Mendès-France, Grenoble II, juin 2005.

 

Michèle LEREAU, L’entourage féminin de Charlemagne : statut, implications et célébration, Maîtrise d’histoire du Haut Moyen Age, sous la direction de Régine Le Jan, Université Paris1 Panthéon-Sorbonne, juin 2005.

 

Claire LESCOFFIT, Les femmes, les féminismes et la Ligue des Droits de l’Homme entre 1914 et 1940, Maîtrise d’histoire, sous la direction de Jean-Louis Loubet et Nicolas Hatzfeld, Université d’Evry Val d’Essonne, juin 2005.

 

Amandine MALIVIN, La différence des sexes comme fondement inaliénable de l’organisation sociale: construction et usages de la figure de l’hermaphrodite dans les discours médicaux (1830-1914), maîtrise d’histoire sous la direction de Gabrielle Houbre, Université Paris7- Denis Diderot, 2005.

 

Séverine MUTEAU, Catalogue raisonné du fonds d’œuvres de Marthe Flandrin au Musée d’Art et d’Industrie André Diligent – La Piscine de Roubaix. Maîtrise d’histoire de l’art et archéologie, sous la direction de François Robichon, Université Charles de Gaulle, Lille III, septembre 2004.

 

Marion PLUSKOTA, La prostitution à Strasbourg et Nottingham entre 1681 et 1815. Une approche provinciale du traitement de la prostitution et de ses représentations au XVIIIe siècle, maîtrise d’histoire moderne, sous la direction de Jean-Michel Boehler, Université Marc Bloch, Strasbourg II, juin 2005.

 

Ludivine TREVET, La jeune fille grecque à la fête publique à l’époque classique, mémoire de 1ère année de Master d’histoire, sous la direction de Pierre Sineux, Université de Caen, juin 2005.

 

Cécile VARIZAT, «La décolonisation des femmes», Françoise Giroud et la condition féminine dans l’Express (1956- juin 1974), mémoire de 1ère année de Master d’histoire contemporaine, sous la direction de Olivier Forlin, Université Pierre Mendès-France – Grenoble II, juin 2005.