Mai 68, une révolution sexuelle ? Serait-ce seulement à partir des années 1970 que les garçons et les filles auraient eu librement accès au plaisir ? Certes, la contraception et le droit à l’avortement ont transformé notre rapport à la sexualité. Mais les différences et inégalités de genre restent très présentes.
Dans les années 1950 et 1960, à l’heure où les surprises-parties battent leur plein et où les magazines pour adolescents exhibent les corps des idoles, les garçons n’hésitent pas à multiplier les conquêtes. Et à s’en vanter : « J’aime les filles pour dormir ensemble une nuit ou deux. » Ou à raconter sans détours d’autres expériences : « J’aime qu’un homme m’embrasse sur la bouche »…

Archives inédites à l’appui, cet ouvrage donne la parole aux garçons des Trente Glorieuses, et révèle que, loin des tabous et des codes traditionnels, autant que d’une innocence fantasmée, ils avaient sur le sexe, l’amour et les filles des idées bien précises. Et des pratiques plus libres qu’on ne l’imagine.

amour genre histoireRégis Revenin, éditions Vendémiaire, 2015

http://editions-vendemiaire.com/catalogue/a-paraitre/une-histoire-des-garcons-et-des-filles-regis-revenin/

La Résistance se développe sur un terreau fortement imprégné par la différence des rôles sociaux entre les sexes. Si elle entraîne quelques femmes dans une vie d’homme, la plupart agissent au cœur du foyer, dans la continuité des rôles traditionnels. Quand bien même elles acceptent le sacrifice à l’égal des hommes, les résistantes ne sont pas des combattants de l’ombre comme les autres.

 

Parce que l’histoire de la Résistance a longtemps été écrite au masculin, sa version féminine demeure méconnue. Que signifie résister au féminin ? Quel sens les résistantes ont-elles donné à leur engagement ? Comment a-t-il été perçu par la société, en temps de guerre puis après la guerre ? Autrement dit, dans quelle mesure l’identité féminine a-t-elle influé sur les modalités comme sur les représentations de l’engagement ?

 

L’ouvrage propose de découvrir la résistance féminine en l’éclairant d’un double regard : celui de sa répression orchestrée par l’occupant et celui des reconnaissances mises en œuvre à la Libération. Menée à l’échelle d’un laboratoire privilégié – le Nord, rattaché au commandement militaire allemand de Bruxelles –, cette étude de la mobilisation féminine dépasse les frontières régionales. En montrant le rôle majeur joué par les femmes dans le tissage des liens entre Résistance et société, elle donne sens à la formule du colonel Rol-Tanguy : « Sans elles, la moitié de notre travail eût été impossible. »

genre résistanceCatherine Lacour-Astol, Presses de Sciences-Po, 2015

 

 

 

 

 

 

 

http://www.pressesdesciencespo.fr/en/livre/?GCOI=27246100988050

À la fermeture du jardin de la place des Vosges, les filles se répandent rue Saint-Antoine, rue de Rivoli, jusqu’à la tour Saint-Jacques. Déployées en tirailleuses, vous avez beau chercher à les éviter en changeant de trottoir, elles finissent par vous saisir au passage, c’est la véritable chasse à l’homme.
Gustave Macé

À la fin du XIXe siècle, Paris ne faillit pas à sa réputation de « Babylone moderne ». Si Parisiens, provinciaux et étrangers aiment tant flâner le long des boulevards, s’attarder à la terrasse des cafés, s’encanailler dans les bals et les cabarets, c’est qu’ils y sont en galante compagnie : dans le cabinet particulier d’un restaurant ou la luxueuse loge d’un théâtre, dans un hôtel garni ou dans une maison de rendez-vous, la nuit comme le jour, filles publiques anonymes, lorettes scandaleuses et célèbres courtisanes se vendent au plus offrant, sous l’œil attentif des agents des mœurs. Autant de lieux de prostitution, d’espaces de racolage et de rendez-vous galants qui façonnèrent la géographie de la ville et contribuèrent, pour longtemps, à consacrer Paris capitale de l’amour et des plaisirs.

http://editions-vendemiaire.com/catalogue/collection-chroniques/capitale-de-l-amour-lola-gonzalez-quijano/

couv-CapitaledelAmourLola Gonzales-Quijano, Vendémiaire, 2015.

Durant le dernier tiers du XXe siècle, de nombreuses femmes rejoignirent les rangs d’organisations politiques violentes comme la Fraction armée rouge allemande, les Brigades rouges italiennes ou Action directe en France. Certaines tuèrent. Les médias surpris de cette violence féminine les appelèrent « amazones de la terreur » et créèrent pour elles une nouvelle catégorie, celle de la « femme terroriste ». Dans ce livre pionnier, croisant les mutations du militantisme de l’après-68 et l’essor de la deuxième vague féministe, Fanny Bugnon propose une réflexion de fond sur le sujet encore tabou de la violence politique des femmes et une étude sur les mouvements révolutionnaires radicaux qui offre des résonances très actuelles, en particulier avec l’engagement des femmes dans les attentats sur tous les fronts.

amazones terreurFanny Bugnon, Payot (BH), 2015.

http://www.payot-rivages.net/livre_Les-Amazones-de-la-terreur-Fanny-BUGNON_ean13_9782228913140.html

Il est plus facile de désintégrer un atome que de briser un préjugé, écrivait Albert Einstein. Comment désintégrer un préjugé, une idée reçue sur le rôle d’un homme ou d’une femme ?

C’est justement la question que pose ce texte comme un voyage au pays des stéréotypes sexués ordinaires, une mine inépuisable… Comment la désamorcer? C’est ce que tentent les personnages du roman-théâtre d’Elsa Solal. Après le grand succès de son texte Olympe de Gouges, elle tresse, entre humour et blessure, intimité et désirs secrets, leur combat: Ils et elles s’entraînent, s’entraident pour résister à ce piège millénaire du sexisme.
Dominique Loiseau part des témoignages recueillis, en relève les expressions, les signes inaperçus, les marques qui forgent nos représentations. Elle en analyse les risques, en démonte les mécanismes. Elle nous propose des pistes, incluant les contradictions de l’humain, pour dépasser ce qui reste figé dans le quotidien. De la fiction à la réalité, les paroles entendues, les situations suscitent un véritable élan tonique pour sortir de ce labyrinthe!

couv Elsa Solal et Dominique Loiseau, Préface de Michelle Perrot, Les Cahiers de l’Égaré, 2015.

http://cahiersegare.over-blog.com/2015/02/battements-d-ailes-elsa-solal-dominique-loiseau.html

Que faut-il pour faire vivre une assemblée délibérative et souveraine ? Un toit, des murs, un palais, une salle, des œuvres d’art. Des lingères, des hommes de peine, des commis, des gardes Suisses. Mais encore ? Un territoire sanctuarisé, une force militaire, des prérogatives, une police intérieure, des règlements, un personnel dédié, des procédures rituelles et codifiées.  Et surtout, le désir et la possibilité de durer.

Loin des visions désincarnées de la philosophie politique, ce livre propose un voyage historique et anthropologique inédit dans les soubassements de l’Assemblée Nationale. Lecture au ras de l’archive, cette plongée dans le quotidien du Palais-Bourbon s’intéresse à la façon dont les Assemblées législatives se sont organisées pour exister depuis la Révolution française jusqu’à nos jours.

Comment produire un corps autonome et souverain qui ne soit pas l’Etat ? Comment le rendre capable de survivre aux aléas de la rue et de l’exécutif ? Comment faire vivre ce lieu inédit, ce contre-emplacement, cette hétérotopie ?

Le linge, métaphore et réalité, est le moyen de questionner la tessiture des institutions démocratiques occidentales contemporaines réputées neutres et universelles. L’enquête rend compte de la fabrique matérielle et sociale d’une institution dont les traits aristocratiques et domestiques se poursuivent dans le cadre républicain. Elle s’interroge alors sur la culture masculine qui règne durablement à l’Assemblée et les rapports de genre qui y ont cours.

Que penser, finalement, de l’anatomie politique du parlementarisme républicain ?

http://www.editionsbdl.com/fr/books/le-linge-du-palais-bourbon.-corps-matrialit-et-genre-du-politique-lre-dmocratique/466/

linge

Delphine Gardey, éditions Le Bord de l’eau, 2015.

Catalogue de l’exposition sur les femmes pendant la Première guerre mondiale du 14 novembre 2014 au 1er mars 2015 aux Archives départementales de la Gironde 

La Première Guerre mondiale agit comme un révélateur dans un pays en guerre où la population masculine est largement mobilisée au combat : la France découvre ses femmes. Ces femmes ont fait face à l’absence et à de nouvelles responsabilités. À la campagne, elles doivent assumer les travaux des champs. À la ville, elles investissent des emplois dans les usines d’armement, de métallurgie, ainsi que dans les transports. Elles jouent également un rôle essentiel au sein du noyau familial désormais éclaté et doivent subvenir, parfois seules, aux besoins de la famille, malgré les rationnements et les pénuries.

Auteurs : collectif. Fabrice Virgili (CNRS), Bernard Lachaise et Alexandre Fernandez (Université Bordeaux-Montaigne), Séverine Pacteau de Luze et Hubert Bonin (Institut d’études politiques de Bordeaux).

Archives départementales de la Gironde / Diffusion, distribution : Le Festin, 2014, 152p.

http://www.lefestin.net/1418-lautre-front-les-femmes-de-gironde-au-temps-de-la-grande-guerre#sthash.KjR8pMIb.dpuf

 

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Ce livre propose une perspective originale sur la polémique sexe/genre, sur la critique des stéréotypes et sur l’usage de la nudité en politique. La polémique commence par une « guerre » scolaire autour des manuels scolaires de première ES en 2011, manuels accusés d’influencer l’orientation sexuelle des élèves. Puis elle continue avec l’affrontement social et moral autour du « mariage pour tous » et, désormais, se concentre sur les « études de genre ». Tout cela aboutit à donner au mot « genre » une ampleur médiatique considérable. En retour, dans un système de justification enthousiaste, la nouvelle génération d’universitaires, qui installe désormais ce nouvel objet de recherche et d’enseignement dans le champ académique, a produit nombre d’arguments en faveur du « genre ».

Appartenant à la génération des pionnières dans le domaine, je me vois observatrice de cet affrontement et je me sais en désaccord avec les opposants comme avec les défenseurs du « genre ».

Après quatre décennies de recherches sur la pensée de l’émancipation des femmes, de l’égalité des sexes, travaux qui ont mis en lumière la généalogie politique du féminisme lié à la modernité démocratique et parié sur la construction philosophique de questions précises (consentement, service domestique), Les Excès du genre proposé ici témoigne de la nécessité d’intervenir dans ce débat (dont on pourrait aussi remarquer qu’il devient à la mode…). Il fait suite à mon recueil récent, À côté du genre, sexe et philosophie de l’égalité (2010). Sans être indifférente durant toutes ces décennies à la question du « genre », j’avais choisi de préciser ma position quant à la question du « concept » uniquement par de brefs commentaires au cours de démonstrations, à mon avis plus intéressantes, sur les enjeux de l’émancipation des femmes. C’est pourquoi le titre, À côté du genre, avec l’ajout de « sexe » en sous-titre, voulait désigner mon parti pris de ne pas y consacrer trop de temps. Après la sortie de ce livre, j’ai été intriguée par le fait que « à côté » signifiait pour mes interlocuteurs « aux côtés de », ou « du côté de », voire « contre » le genre. Tout cela est contemporain des débuts de la polémique.

Le texte présenté ici fait le point en repartant de l’exigence première de mon parcours philosophique, celle de constituer et de valider un nouvel objet de pensée philosophique, valable aussi pour d’autres disciplines. Ainsi l’enjeu est de comprendre comment peut fonctionner ce nouvel outil : comme un neutre – le genre – ou comme un pluriel – les genres ; et, avec, ou sans, le mot « sexe » ? Alors, il faut s’intéresser à ce qui fait subversion avec ce mot, ainsi qu’à ce qu’il dévoile d’un impensé de la tradition occidentale, bien plus qu’au fait de savoir s’il favorise, ou non, l’homosexualité de la jeunesse…

D’où la deuxième discussion, celle qui porte sur les « stéréotypes », stéréotypes de genre comme on dit. On dit justement qu’il faut lutter contre, qu’il faut les déconstruire pour permettre aux enfants comme aux adultes de changer d’image, d’être libres de trouver leur identité sociale et publique. Changer les images des femmes et des hommes, du féminin et du masculin pour transformer la réalité… Or il faut questionner cette idée : les images édictent-elles des comportements ? Sont-elles des normes d’identification automatique ?… Car entre le sujet qui envoie, ou celui qui reçoit une image, entre l’idée que l’image est une chose puissante ou, au contraire une réalité inconsistante, on doit se poser quelques questions… La lutte contre les stéréotypes n’est-elle pas la meilleure façon de les renforcer, d’en reconduire la puissance ? Lutter contre les préjugés, est-ce vraiment une stratégie efficace ?

Excès du genre, stéréotypes exagérés, et aussi nudité politique. Ce sera le troisième temps de cet écrit : l’usage du nu, du corps porteur de slogans (cf. les Femen) renvoie à l’histoire lointaine (occidentale) de la nudité comme vérité et de la femme nue comme image de la vérité. Cela implique aussi de se souvenir que l’artiste femme du XIXe siècle doit être tenue loin de la représentation du nu. Plus largement, dans la perspective de l’égalité des sexes, on s’attardera sur l’idée politique de l’association femme/nudité dans le discours contemporain

http://www.editions-lignes.com/GENEVIEVE-FRAISSE-LES-EXCES-DU-GENRE.html

fraisse_exces_du_genre Geneviève Fraisse, éditions lignes, 2014.

Comment la France assume-t-elle sa vocation de Terre d’asile héritée de la Révolution française? Pour comprendre les débats actuels sur le sujet, il faut en effet remonter de la fin du XVIIIe siècle au mitan du XIXe siècle.
Il convient d’aborder cette période fondratrice à travers deux problématiques principales : l’étude des dispositifs d’accueil du point de vue juridique et législatif ; l’étude des formes d’engagement pratiquées dans le pays d’asile.

http://www.armand-colin.com/livre/574143/un-asile-pour-tous-les-peuples.php

 

Diaz Delphine Diaz, Armand Colin, 2014

La revue Seitô (traduction de l’anglais Bluestockings) parut de septembre 1911 à février 1916 : elle fut la première revue littéraire créée uniquement par les femmes, pour les femmes. Sous l’impulsion de Hiratsuka Raichô (1886-1971), puis d’Itô Noe (1893-1923), elle devint l’emblème des femmes nouvelles, rebelles à l’injonction de devenir de « bonnes épouses et mères avisées (ryôsai kenbo) ». Très vite, le mensuel et l’association furent désignés comme le nid des « Nora japonaises », et ses membres devinrent la cible des attaques contre les femmes nouvelles. Le magazine fut le centre d’aventures intellectuelles et artistiques, de débats où se nouèrent de nouvelles relations amicales entre les femmes, amours homosexuelles et histoires tumultueuses de femmes qui fuguèrent de leur province pour trouver refuge dans l’association. Parmi les milliers de pages de publication de cette revue littéraire, ce livre fait vivre ces temps de polémiques, qui nous saisissent tant par la fraîcheur de leur ton que par l’actualité de leurs propos. Le droit à l’amour libre, la contraception, l’avortement, la virginité, et la polémique autour de la prostitution font écho à nos propres interrogations.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3390

Levy-Seito Christine Lévy, PUR, 2014