L’enseignement ménager, rangé aujourd’hui au rayon des disciplines scolaires disparues, reflète les bouleversements culturels, idéologiques, économiques, démographiques, politiques et scolaires de 1880 à 1980. La redécouverte de ses contenus, de leur sélection et leur organisation, de sa doctrine pédagogique, de sa mise en ordre pour les enseignements primaire et secondaire, agricole et technique, permet de saisir les enjeux et les conditions d’existence des propositions contemporaines prônant la préparation à la vie dans la scolarité de base.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3420

enseignement ménagerJoël Lebeaume, PUR, 2014

Genre et utopie rassemble les contributions de collègues et d’anciens étudiants désireux de rendre hommage au travail de Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris 8. Ce livre est né du sentiment que notre actualité politique nécessite plus que jamais d’être questionnée grâce aux outils de l’histoire et de la pensée critique. Il postule que l’exhumation des utopies oubliées du XIXe siècle nous permet de mieux comprendre les impasses de notre présent.
De même, alors que les études de genre ont suscité récemment de grandes incompréhensions et mésinterprétations, il semble pertinent de rappeler que le genre n’est pas une « théorie » mais bien un concept permettant de dévoiler l’histoire des processus de domination entre les sexes qui sont toujours à l’œuvre dans notre société.

http://www.puv-univ-paris8.org/mots-cles/mot-cle-democratie/genre-et-utopie-9782842924126-1034-597.html

Riot-SarceyDirigé par Laurent Colantonio et Caroline Fayolle, PUV, 2014.

Les Lois genrées de la guerre

1914-2014, en cette année de centenaire, Clio Femmes Genre Histoire portera son regard sur d’autres conflits. Depuis la fin du XXe siècle, leur étude a été renouvelée, d’un côté par une approche anthropologique du fait guerrier et d’une attention nouvelle portée à l’intime, de l’autre par la focale mise sur les sorties de guerre. Par ailleurs, la guerre dans l’ex-Yougoslavie, puis le génocide des Tutsis au Rwanda, ont abouti à la constitution de tribunaux internationaux, le TPIY en 1993 puis le TPIR un an plus tard. La dénonciation de la violence sexuelle et la protection des populations civiles ont été de plus en plus prises en compte au niveau international et ces questions ont attiré l’attention des chercheurs. Ainsi, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les violences faites aux femmes, et la mixité croissante de la sphère militaire ont constitué un marqueur fluctuant de ce que l’on dénomme « les lois de la guerre ».

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http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-clio-femmes-genre-histoire-n-39-23707.php

Responsable du numéro : Fabrice Virgili

Fabrice Virgili. Éditorial
Philippe Clancier. Hommes guerriers et femmes invisibles.
Le choix des scribes dans le Proche-Orient ancien
Sophie Cassagnes-Brouquet.
Au service de la guerre juste. Mathilde de Toscane WI1e-XIIe siècle)
Mariana Muravyeva. « Ni pillage ni viol sans ordre préalable ».
Codifier la guerre dans l’Europe moderne
Régis Schlagdenhauffen.
Désirs condamnés. Punir les « homosexuels » en Alsace annexée (1940-1945)
Alain Blum & Amandine Regamey.
Le héros et la martyre ou le viol effacé (Lituanie 1944-2000)
Christine Lévy. Le Tribunal international des femmes de Tokyo en 2000.
Une réponse féministe au révisionnisme ?

Regard complémentaire. Annette Wieviorka.
À propos des femmes dans les procès du nazisme

Actualités de la recherche. Françoise Thébaud. Penser les guerres
du xxe siècle à partir des femmes et du genre. Quarante ans d’historiographie

Isabelle Delpla. Les femmes et le droit (pénal) international

Documents. Alain Blum & Amandine Regamey.
Plainte et enquête autour d’un viol (Lituanie soviétique, 1959) 205

Témoignage. Une communauté de femmes en prison pendant la guerre d’Algérie.
Entretien avec Christiane Klapisch-Zuber par Michelle Zancarini-Fournel

Portrait. Rita Thalmann (1926-2013),
pionnière de l’histoire des femmes par Marie-Claire Hoock-Demarle

Varia. Agustina Cepeda.
Au temps du Test du crapaud. Justice et avortement (Argentine, mi-xxe siècle)

Rémy Pawin. Le genre du bonheur (France, 1945-années 1970)

Clio a lu – Clio a reçu

 

 

Le long effort des grammairiens et des académiciens pour masculiniser le français a suscité de vives résistances chez celles et ceux qui, longtemps, ont parlé et écrit cette langue sans appliquer des règles contraires à sa logique.

La domination du genre masculin sur le genre féminin initiée au XVIIe siècle ne s’est en effet imposée qu’à la fin du XIXeavec l’instruction obligatoire. Depuis, des générations d’écolières et d’écoliers répètent inlassablement que « le masculin l’emporte sur le féminin », se préparant ainsi à occuper des places différentes et hiérarchisées dans la société.

Ce livre retrace l’histoire d’une entreprise à la misogynie affirmée ou honteuse, selon les époques. Riche en exemples empruntés aux deux camps, il nous convie à un parcours plein de surprises où l’on en apprend de belles sur la « virilisation » des noms de métier, sur les usages qui prévalaient en matière d’accords, sur l’utilisation des pronoms ou sur les opérations « trans-genre » subies par certains mots.

 

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Eliane Viennot, éditions iXe, 2014

http://www.editions-ixe.fr/content/non-le-masculin-ne-lemporte-pas-sur-le-féminin

Bien que numériquement important au tournant des XIXe-XXe siècles, le veuvage féminin n’est pas considéré comme un problème social, et ce, même si pour la femme, la perte de l’époux entraîne bien souvent de lourdes difficultés matérielles: seule une minorité est protégée par les règles du droit civil (contrat de mariage, héritage…). Largement ignorées par les pouvoirs publics, les veuves ne peuvent compter que sur elles-mêmes et sur la solidarité familiale ainsi que, pour les plus démunies d’entre elles, sur la charité ou sur l’assistance publique. Certes, on constate que depuis la fin du XIXe siècle se développe une protection dérivée de la veuve à travers la technique des pensions instaurées par les lois de 1831 et 1853. Ce système repose sur plusieurs critères: la durée du mariage, la présence ou non d’enfants à charge, l’existence ou l’absence de ressources suffisantes. Avec la Première guerre mondiale, le veuvage féminin est mis sur le devant de la scène et des mesures particulières d’assistance sont prises pour les veuves de guerre: emplois réservés, formation professionnelle, amélioration de la législation des pensions… Parallèlement, la protection dérivée de celles qu’on appelle par opposition les veuves civiles continue son expansion et se perfectionne, mais de façon dispersée dans un contexte économique difficile; la protection sociale de la veuve restant bien souvent instrumentalisée avec la poursuite d’autres objectifs que celui de lui assurer des moyens d’existence décents.

  Christel Chaineaud, Presses Universitaires de Bordeaux, 2014.

http://www.lgdj.fr/theses/233808834/protection-sociale-contemporaine-veuve-1870-1945

Ce dictionnaire est le plus complet et le plus novateur à ce jour consacré aux diverses formes de sexualité et à la place qu’elles occupent dans notre société.
« Je ne sais pas quelle est la question, mais je connais la réponse : le sexe », disait Woody Allen. Ce Dictionnaire, unique en son genre, tente d’apporter plutôt des réponses que des interrogations.
Sa première originalité est de traiter des sexualités et non pas de la sexualité. C’est-à-dire de prendre en compte les réalités d’aujourd’hui. Très longtemps, on a désigné la sexualité au féminin singulier et renvoyé d’abord au coït, lequel devait assurer la venue au monde d’une descendance. La norme était celle de l’hétérosexualité. Mais, dans la période récente, on a assisté à la multiplication des identités reconnues : il n’y a plus comme avant « la » femme et « l’ »homme mais aussi les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les transgenres, les queers, les intersexués. On est bien dans l’univers « des » sexualités. Celles-ci sont donc toutes présentes dans ce volume.
L’autre originalité de cet ouvrage tient à la diversité de ses approches. Il montre comment ces diverses sexualités ont été perçues selon les civilisations, les religions (du catholicisme au bouddhisme), l’évolution des lois, les principales familles politiques, les grandes périodes de l’histoire et dans divers pays (des États-Unis à la Chine). Comment elles ont été abordées aussi à travers la littérature, la philosophie, la psychanalyse, la musique (de l’opéra à la chanson), le cinéma, la peinture, la danse (du flamenco au tango)…
Sur les 400 notices que comprend ce Dictionnaire, beaucoup sont consacrées aux thèmes « incontournables » : amour, désir, érotisme, plaisir, amant, hédonisme, partenaires, rapports sexuels, séduction, sensualité etc. Mais on y trouve également des entrées plus originales, qui ont trait à des thèmes aussi divers que l’argent, la contrepèterie, la folie, les nanosciences, l’islam, les procès pour impuissance, la mode… L’ensemble va de A comme Abat-jour (éloge de la pénombre) à Z comme Zouk (la danse que chacun rêve de maîtriser).
Ce livre se distingue enfin par la diversité et la qualité de ses auteur(e)s. Ils sont 185 : historiens, sociologues, démographes, juristes, écrivains, cinéastes, philosophes, psychanalystes, médecins, littéraires, politologues, anthropologues, critiques d’art, de cinéma, spécialistes du jazz et de la chanson, tous considérés comme le (ou la) meilleur spécialiste du sujet traité. Janine Mossuz-Lavau a fait appel non seulement à des experts, mais aussi à des témoins ayant fréquenté la personnalité sur laquelle ils écrivent, des acteurs et actrices (la tanguera parle ici du tango, le scénariste du film qu’il a écrit, la performeuse et la grande prêtresse du SM de leurs expériences). Ce Dictionnaire contient enfin des documents et des textes originaux, tels le Tract du Dr Carpentier ou des entretiens avec Françoise Héritier et avec Brigitte Lahaie.

dico sexualités

 

Janine MOSSUZ-LAVAU, Robert, Laffont, 2014

http://www.bouquins.tm.fr/site/dictionnaire_des_sexualites_&100&9782221130872.html

Les religions ont joué et jouent encore un rôle clé dans l’élaboration et la reproduction des normes de genre, à savoir le processus de différenciation et de hiérarchisation des sexes et des sexualités. Comment les univers religieux réagissent-ils alors aux mutations des mondes contemporains, en particulier sur les questions des droits des femmes, de la liberté sexuelle et de l’homosexualité ?
À travers une variété d’études de cas concernant la religion chinoise, le judaïsme, le protestantisme, le catholicisme et l’islam dans des aires géographiques contrastées, de la Chine, d’Israël, de la Tunisie, du Mexique, de la Polynésie à la France et l’Europe, cet ouvrage explore les adaptations, les reconfigurations ou les raidissements des normes religieuses, autant que les résistances notables qui s’expriment pour concilier croyances religieuses, égalité de genre et démocratie sexuelle.

 

rochefort.image_  Florence Rochefort et Maria Eleonora Sanna, Armand Colin, 2013

http://www.armand-colin.com/livre/479575/normes-religieuses-et-genre.php

Prix Mnémosyne 2012, le mémoire de Colette Pipon vient d’être publié aux Presses universitaires de Rennes

Colette Pipon, Et on tuera tous les affreux Le féminisme au risque de la misandrie (1970-1980), Rennes, PUR, février 2014

 

Pipon-Affreux

« Je ne suis pas féministe, parce que je n’en veux pas aux hommes. » Cette réflexion d’une ancienne militante du Planning familial établit un lien évident entre féminisme et haine des hommes. Peut-on faire l’hypothèse d’une misandrie travaillant le Mouvement de libération des femmes en France dans les années 1970 ? À partir de sources variées (presse, tracts, affiches, témoignages écrits et oraux de militantes), cet ouvrage en analyse la présence dans les discours féministes sur l’avortement, le viol, les relations de couple ou encore l’homosexualité.

Préface de Michelle Zancarini-Fournel.

Frère Luc, du monastère de Tibhérine, dont on sait l’enlèvement et la fin tragique en 1996, avait déjà connu la capture. C’était le 1er juillet 1959, en pleine guerre d’Algérie. Les hommes en armes qui l’avaient rapté ne le libérèrent que cinq semaines plus tard. En Algérie, contre toute attente, le FLN fit des prisonniers – militaires mais aussi civils, des hommes mais aussi des femmes – pour internationaliser le conflit grâce à l’action de la Croix-Rouge internationale. Beaucoup moururent. Leur histoire, qui est aussi celle de la première tentative d’appliquer les conventions de Genève lors d’un conflit, n’avait encore jamais été faite. Ce livre entend leur redonner vie, les réinscrire dans notre mémoire, et dire au plus près l’expérience de ces prisonniers de la guérilla, témoins étranges d’une guerre dont on a largement perdu le sens.

prisonniers FLN  Raphaëlle Branche, Payot, 2014.

http://www.payot-rivages.net/livre_Prisonniers-du-FLN-Raphaelle-BRANCHE_ean13_9782228910293.html

On ne naît pas homme, on le devient. Cet ouvrage se propose de déconstruire ce qui a fait longtemps figure d’invariant et de montrer que la masculinité a une histoire. Les contributions qui courent de la préhistoire à nos jours peignent ainsi des masculinités à la fois multiples et changeantes en privilégiant les processus de construction de la masculinité.
Ce livre part des signes et marqueurs de la masculinité qui permettent d’emblée de savoir qui est un homme. Il analyse ensuite les preuves et épreuves de masculinité, qu’elles soient professionnelles, sexuelles ou militaires. Les hommes, en effet, se doivent de démontrer, toute leur vie durant, qu’ils remplissent bien les critères de « bonne masculinité » attendus d’eux. Sont en jeu ici les processus sociaux et éducatifs qui transforment le sexe en genre et la nature en culture. Ces preuves et épreuves non seulement font « l’homme » mais elles classent également les hommes entre eux et construisent les hiérarchies masculines, opposant dominants et dominés, gagnants et perdants de la masculinité.
Une histoire des hommes et des masculinités fondée sur le genre permet ainsi de mieux comprendre la résistance de la domination masculine et les inégalités persistantes entre hommes et femmes.

Anne-Marie Sohn (dir), ENS éditions, 2014.

Sohn

http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100006110