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Les écrits personnels féminins, conservés dans les archives publiques et privées sous forme de journaux intimes, de récits de vie ou encore de lettres, constituent un moyen privilégié d’écrire l’histoire des femmes au plus près des intéressées. Cette littérature ordinaire garde en effet la trace de leurs vécus et de leurs expériences singulières, révélant souvent une remarquable capacité à agir et à s’adapter aux rôles qui sont assignés aux femmes dans la société. Ces textes mettent aussi en évidence les représentations que les femmes donnent d’elles-mêmes et le rôle joué par l’écrit dans le développement d’une conscience de soi et la construction des identités féminines.

À la lumière d’études de cas et d’articles de synthèse, le présent volume explore, dans la France et la Suisse du XVIe au XXe siècle, ces paroles retrouvées de femmes et s’interroge sur les particularités éventuelles de l’écriture féminine.

berthiaud

 

 

 

 

Emmanuelle Berthiaud, Editions Le Manuscrit, 2017.

Au début des années 1930, trois grandes affaires secouent la France : l’affaire Violette Nozières, l’affaire Stavisky et l’affaire Dufrenne. Le 25 septembre 1933, Oscar Dufrenne, président de la Fédération des spectacles, directeur du Casino de Paris et du music-hall Le Palace, ami de Jean Sablon et de Mistinguett, par ailleurs homme politique radical-socialiste proche de l’Ancien ministre de l’Intérieur Louis-Jean Malvy, est retrouvé mort dans son bureau du Palace, les vêtements en désordre et le crâne fracassé. Le crime, qui va défrayer la chronique, ne sera jamais élucidé. L’historienne Florence Tamagne reprend l’enquête.

https://www.payot.ch/Detail/le_crime_du_palace-florence_tamagne-9782228916974

crime palace

Florence Tamagne, Payot, 2017.

Prix Augustin-Thierry des Rendez-vous de l’histoire de Blois 2017.

 

 

 

 

 

Fruit d’un travail commun de l’association Mnémosyne et du LabEx EHNE, avec la collaboration de nos amies de la Societa Italiana delle Storiche, nous sommes ravi.e.s de vous annoncer la sortie aux éditions Perrin de L’Europe des femmes XVIIIe-XXIe siècle. Recueil pour une histoire du genre en VO, en librairie le 12 octobre 2017

9782262066666

Cet ouvrage collectif  a été pensé et réalisé par : Peggy Bette, Sonia Bledniak,
Myriam Boussahba-Bravard, Anne-Laure Briatte, Véronique Garrigues, Louis-Pascal Jacquemond, Julie Le Gac, Amandine Malivin, Dominique Picco, Yannick Ripa, Mélanie Traversier et Fabrice Virgili.

Il n’existait pas encore de recueil sur l’histoire des femmes du XVIIIe siècle à nos jours, pas plus en France qu’en Europe. Dans le prolongement de La place des femmes dans l’histoire : une histoire mixte (Mnémosyne-Belin, 2010) c’est désormais chose faite. Fictions, chansons, discours, essais, correspondances – dans leur langue originale et leur traduction française – mais aussi documents iconographiques se font ici l’écho de trois siècles d’histoire européenne et des aspirations ou, au contraire, des obstacles à une égalité entre les sexes.

Qu’il s’agisse de textes devenus classiques, comme ceux d’Olympe de Gouges, d’Alexandra Kollontaï et de Virginia Woolf, ou d’autres moins connus, tous font entendre la diversité des expériences du peuple des femmes, de toutes conditions (domestiques, paysannes, artistes, ouvrières, intellectuelles, etc.), aussi bien à Paris qu’à Moscou, Madrid ou Londres. Ce livre interroge l’éducation des filles, l’influence des religions, le rapport au corps, l’expérience de guerre, les féminismes et les luttes menées au nom de l’égalité civile et politique, ou encore la reconnaissance conquise dans les arts et les sciences, offrant ainsi à la riche et passionnante histoire des femmes une somme unique et novatrice.

Revue de presse et du web

Var Matin, Nice Matin, Monaco Matin, 21 janvier

« ça vient de paraître, entretien avec Julie Le Gac et Fabrice Virgili. (…) « A propos du harcèlement sexuel, nous présentons dans le recueil un texte d’Adelheid Popp, une Autrichienne qui en 1909 décrit comment les ouvrières sont des « proies » pour leur contremaîtres et employeurs L’actualité montre a quel point plus de cent ans après, son combat demeure d’actualité »

Vingtième siècle Revue d’histoire, janvier-mars 2018

« Juchée sur une structure métallique, une silhouette féminine en robe, redingote et chapeau, photographie la ville de Berlin en 1910. La couverture de L’Europe des femmes est sans ambiguïté : les femmes portent un regard sur le monde auquel elles participent et qu’il est nécessaire de redécouvrir. »

Clara, janvier-février 2018

Une histoire européenne des femmes. Ce livre est une première. On y trouve les textes, dans leur langue d’origine et traduits en français, de femmes aussi connues qu’Alexandra Kollontal ou Virginia Woolf mais aussi de femmes moins connues, ou d’hommes «féministes». (…) Avec une première grande partie, « On ne naît pas femme on le devient », qui annonce le parti pris résolument féministe de la douzaine d’auteur e s qui a participe a cet ouvrage. Une œuvre importante qui, au travers d’une disparité voulue des documents (chansons, discours, correspondance, texte littéraires, affiches), forme un panorama assez précis de l’histoire des femmes européennes

Féminitude, décembre 2017

« Ces femmes qui en trois siècles nous ont faites européennes et libres. Donner la parole en version originale aux Européennes aux penseuses et actrices de trois siècles d’histoire, telle est la mission que remplit avec pertinence l’essai L’Europe des femmes. Un livre passionnant qui met en perspective les préoccupations égalitaristes et libératrices des femmes. Un opus a mettre entre toutes les mains »

Libération, 27 décembre 2017

« L’histoire de Woolf à Lobkovskaya. Aussi riche par ses sources que par leur variété. [Ce recueil] réunit 77 textes de femmes et d’hommes, célèbres ou beaucoup moins : Virginia Woolf, Anne Frank, Nicolas de Condorcet ou Fifi Brindacier, mais aussi les «trois Marias», qui publièrent un magnifique texte féministe sous la dictature portugaise, la pacifiste autrichienne Bertha von Suttner ou Nina Lobkovskaya, tireuse d’élite dans l’armée de Staline – interdite d’entrée à Berlin et priée de se faire discrète une fois la guerre gagnée. Un panorama européen complété par des affiches et photos, comme celle des mannequins d’accouchement de Mme du Coudray, qui permirent, au XVIIIe siècle, de former des sages-femmes dans tout le royaume et de baisser le taux de mortalité en couches. »

Libération – Next, 23 décembre 2017

« L’essentiel, cependant, tient à ce que les documents recueillis — fictions, chansons, affiches, discours, essais, correspondances, objets, photographies — disent de «la diversité des expériences du peuple des femmes», qu’elles soient artistes, intellectuelles, ou migrantes, ouvrières, domesti- ques, paysannes. »

Causette, décembre 2017

« Si l’on retrouve nos chères Simone Weil ou Virginia Woolf, on découvre également une palanquée de femmes inconnues et incroyables, telle l’Espagnole Josefa Amar y Borbon et son «Plaidoyer pour l’intelligence des femmes», qui date de 1786. S’ajoute à cela une riche iconographie. La garantie d’une balade réussie à travers l’Histoire Où se confirme que le développement du féminisme (le mouvement préexiste au mot), depuis trois siècles, a été une lutte de tous les pays. »

Fabula.org, 1er décembre 2017.

nonfiction.fr, 30 novembre 2017.

« Très attendu dans le domaine des « gender studies », L’Europe des femmes (XVIIIe-XXIe siècle), sous la direction de Julie Le Gac et Fabrice Virgili est assurément novateur par son angle d’approche et sa volonté de diffuser les derniers résultats de la recherche historique dans le domaine de l’histoire des femmes. Longtemps resté en retrait, malgré les travaux pionniers de Michèle Perrot, celle-ci connaît, en France, un nouveau souffle depuis quelques années ; ce livre en est la preuve. » (…) Un livre majeur sur l’histoire des femmes L’Europe des femmes est un livre militant, soutenu par l’association Mnemosyne (qui défend le développement d’une histoire des genres). Les auteurs l’annoncent dès l’introduction : « Ce livre a vocation à sensibiliser les jeunes générations, et les moins jeunes, aux inégalités du genre ». Il ne s’agit pas ici d’un livre épistémologique réservé aux spécialistes qui a pour but de définir et de faire évoluer les « gender studies ». Comme son illustre prédécesseur l’Histoire des femmes en Occident, dirigé par Georges Duby et Michèle Perrot, l’Europe des femmes est là pour montrer comment vivent les femmes en Europe depuis le XVIIIe siècle. Certes, ce dernier est moins ambitieux que l’histoire totale voulue par l’Histoire des femmes en Occident qui a embrassé toute l’histoire depuis l’Antiquité. L’entreprise se place néanmoins dans la lignée de ce que voulaient faire Duby et Perrot, c’est-à-dire présenter les dernières avancées de la recherche à un large public. L’Europe des femmes n’assomme pas son lecteur de notions, ni d’articles très longs. Un livre à la fois accessible, militant et européen.

Les clionautes : la cliothèque

« C’est donc un livre d’une grande richesse que L’Europe des femmes. Il trouvera bien sa place dans les CDI et cabinets d’histoire des établissements scolaires. Certes, il ne couvre qu’une (large !) période contemporaine, et ne répond toujours pas entièrement aux besoins des enseignants du secondaire, en mal de réaliser une histoire mixte avec les documents qui leurs sont proposés par les manuels scolaires, mais il offre d’intéressantes perspectives dans le domaine historique, et l’on ne peut qu’être séduit.e par l’ambition européenne de l’ouvrage.  »

Les Affiches de Normandie, 29 novembre 2017.

« S’il est un ouvrage original, riche, mais attendu, c’est bien L’Europe des femmes. XVIIIe-XXIe siècle, (…)  il parcourt trois siècles tumultueux, des Lumières à l’avancée spectaculaire de ce qu’on a appelé «la révolution féministe», où l’on s’est interrogé sur les rapports de genres, la place de la femme dans l’intime et dans la cité. »

L’Agefi – indices (Suisse)13 novembre 2017, Notre part d’humanité. « Un ouvrage unique qui permet de prendre conscience du chemin emprunté par la moitié de l’humanité pour sortir du statut de minorité d’aucuns ont voulu et veulent encore la maintenir. »

CNRS Le Journal, n°290, automne 2017, « Histoire de femmes », p.62.

Blog littéraire, L’amour des mots, léger badinage, 9 octobre 2017 :

« J’ai énormément apprécié cette lecture car au delà de l’évident sujet du féminisme qui me passionne, j’ai pu découvrir des auteurs et des textes qui m’étaient inconnus. Je vous le recommande, homme et femme du XXIème siècle qui souhaitent apprendre d’hier pour créer demain !  »

criminocorpus, septembre 2017 : « Pour la première fois rassemblés et commentés plus de 70 textes fondateurs de l’histoire des femmes, du XVIIIE siècle à nos jours »

Femme engagée, socialiste, pacifiste, féministe et très active sur le plan professionnel, Marguerite Thibert (1886-1982) a traversé une bonne part du XXe siècle. Docteure ès lettres en 1926, elle devient fonctionnaire au Bureau international du travail, en charge du travail des femmes et des enfants, puis experte envoyée en mission dans les pays émergents, avant d’être en France une figure centrale du Comité du travail féminin.

Françoise Thébaud adopte, pour raconter la vie de cette femme exceptionnelle, une démarche originale : elle propose une biographie impersonnelle et collective, qui aborde des pistes multiples. Avec Marguerite Thibert, nous comprenons l’histoire des communautés scientifiques de l’après-Grande Guerre et de la première génération de femmes diplômées, celle des organisations internationales, de leurs politiques de genre et de leurs programmes d’assistance technique après 1945, celle des féminismes dans leurs dimensions nationales et internationales, celle des configurations successives des socialismes et des pacifismes, celle des mutations sociales et politiques de la France d’après 1945, celle enfin du monde global, dont la protagoniste se sentait solidaire. Un parcours et un ouvrage fascinants à tous égards.

  • Françoise THEBAUD, Belin, A PARAÎTRE LE : 11/10/2017Thibert_couvOK

Karen Offen offers a magisterial reconstruction and analysis of the debates around relations between women and men, how they are constructed, and how they should be organized, that raged in France and its French-speaking neighbors from 1870 to 1920. The ‘woman question’ encompassed subjects from maternity and childbirth, and the upbringing and education of girls to marriage practices and property law, the organization of households, the distribution of work inside and outside the household, intimate sexual relations, religious beliefs and moral concerns, government-sanctioned prostitution, economic and political citizenship, and the politics of population growth. The book shows how the expansion of economic opportunities for women and the drop in the birth rate further exacerbated the debates over their status, roles, and possibilities. With the onset of the First World War, these debates were temporarily placed on hold, but they would be revived by 1916 and gain momentum during France’s post-war recovery.

debating

Karen Offen, Cambridge University Press, 2017.

 

This is a revolutionary reinterpretation of the French past from the early fifteenth century to the establishment of the Third Republic, focused on public challenges and defenses of masculine hierarchy in relations between women and men. Karen Offen surveys heated exchanges around women’s ‘influence’; their exclusion from ‘authority’; the increasing prominence of biomedical thinking and population issues; concerns
about education, intellect, and the sexual politics of knowledge; and the politics of women’s work. Initially, the majority of commentators were literate and influential men. However, as more and more women attained literacy, they too began to analyze their situation in print and to contest men’s claims about who women were and should be, and what they should be restrained from doing, and why. As urban print culture exploded and revolutionary ideas of ‘equality’ fuelled women’s claims for emancipation, this question resonated throughout francophone Europe and, ultimately, across the seas.

Notre système onomastique, composé d’un nom de famille et d’un prénom, est le fruit d’une longue évolution qui a fait du « nom de famille » le support privilégié de l’identité d’appartenance et souvent un discriminant de celle des femmes par rapport aux hommes, ces derniers pouvant seuls le transmettre à leur descendance. Mais il est un autre élément du nom à savoir ce que nous appelons le prénom qui fut pendant des siècles le seul nom de l’individu, homme ou femme. Or ce nom propre donné à la naissance a pu signifier la moindre valeur des filles et donner également à voir une subordination des femmes. Que font les noms sexués aux personnes ? En quoi peuvent-ils avoir des effets sur la construction sociale du sexe ? Quand et comment les femmes ont-elles contesté notre système onomastique ? Ce numéro de Clio met en lumière les différentes formes de la subordination des femmes que traduit leur nom, aussi bien dans les sociétés européennes du passé que dans d’autres sociétés, ainsi que la révolution que constituent depuis les années 1970 les législations européennes égalitaires en matière de nom.

nom des femmes

 

 

Agnès FINE & Christiane Klapisch-Zuber

Clio. Femmes, Genre, Histoire, n°45 (juin 2017)

 

 

La Seconde Guerre mondiale a été marquée par une répression accrue des homosexuel.le.s dans de nombreux pays d’Europe. On sait moins que dans le même temps, certains États européens ont dépénalisé l’homosexualité, voire engagé des politiques permettant de comprendre pourquoi ce continent fait office de précurseur dans la lutte contre les discriminations.

En allant au-delà de la question des persécutions des homosexuels dont on connaît le rôle central joué par l’Allemagne nazie entre 1939 et 1945, cet ouvrage interroge pour la première fois le quotidien des femmes et des hommes homosexuels en temps de guerre. En faisant appel à des spécialistes européens de cette question, ce livre ouvre sur une autre histoire, marquée certes par la répression, mais teintée aussi d’engagement dans les armées en guerre, de résistance dans des réseaux clandestins, sans pour autant faire l’impasse sur la collaboration.

Il s’agit d’une première étude à l’échelle du continent européen qui nous permet de mieux comprendre, chapitre après chapitre, pourquoi la Seconde Guerre mondiale constitue une période charnière pour les homosexuel.le.s en Europe.

9782369425564

Régis Schlagdenhauffen, Julie Le Gac, Fabrice Virgili (dir.)

Nouveau Monde éditions, 2017

http://www.nouveau-monde.net/livre/?GCOI=84736100200230&

Une jeune femme maghrébine, étudiante brillante, semble être la proie d’un séducteur-recruteur qui la manipule sur le net et veut l’attirer en Syrie. Sa professeure de « Civilisation et de littérature française », avertie par son frère, et ses parents sidérés, ont-ils le pouvoir de la sortir de cette emprise? Cette pièce ouverte à plusieurs langages scéniques, oscille entre le burlesque et le drame du départ des jeunes pour le Djihad.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=52632

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Dominique Gauthiez-Rieucau, L’Harmattan, 2017

Contrairement aux idées reçues, c ‘est sous la Révolution française que les premières écoles publiques de filles voient le jour. Objet de débats, ces dernières constituent un espace de régénération visant à faire advenir un modèle de féminité républicaine. Sous l’Empire et la Restauration, s’affrontent en effet plusieurs conceptions de l’enseignement féminin prédominé par la morale. Bien que minoritaires, certaines expériences pédagogiques alimentent l’espoir d’un accès pour toutes à la citoyenneté.
En utilisant le concept de genre, Caroline Fayolle montre en quoi l’école participe à la fabrique conflictuelle des identités sexuées et politiques. Au cœur des pratiques étudiées, la division sexuelle du travail se révèle fondamentale pour interroger la mise à l’écart durable des femmes de la Cité.

http://cths.fr/ed/edition.php?id=7190

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Caroline Fayolle, CTHS éditions, 2017.