Vendredi 9 octobre 17h30, a eu lieu la Carte Blanche à Mnémosyne dans le cadre des Rendez vous de l’histoire de Blois.

 

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Dans les Empires, à travers les siècles, la différence des sexes joue un rôle, depuis la définition des hiérarchies et des droits jusqu’aux modifications de rapports hommes-femmes différentes de celles qui ont cours dans les « métropoles ». Les Empires sont des espaces de violence mais aussi de recompositions. Pour chacune des quatre grandes périodes, il s’agira de dégager une situation singulière qui dit en quoi le genre organise la fabrique des Empires.

le Vendredi 9 octobre 17h30, salle Kleber-Lousteau, Conseil départemental

Table ronde animée par Louis Pascal Jacquemond,

avec
Gabrielle Frija (Université de Paris-Est Marne La Vallée), « Le statut des femmes grecques dans l’Empire romain »
Julien Loiseau (Université de Montpellier 3),« L’Empire ottoman à l’épreuve du genre »
Cécile Vidal (EHESS), « Genre et race dans la Nouvelle-Orléans du XVIIIe siècle »
Rebecca Rogers (Université Paris Descartes, chargée du Centre de Recherche sur les Liens Sociaux (CERLIS)),« Genre et mission civilisatrice en Algérie au XIXe siècle »

 

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 « LES ECHAPPES (RE)BELLES : NORMES DE GENRE ET HISTOIRES SINGULIERES »

Les normes de genre varient dans le temps: certains s’en accommodent, d’autres les contestent. Figures antiques, mystiques médiévaux, travestis des siècles modernes, rebelles contemporaines, ils/elles font bouger les lignes de genre et Mnémosyne les raconte.

Table ronde Carte blanche à Mnémosyne :

Vendredi 10 octobre – 16h30 à 18h

Amphi de l’université (I, II ou III), place Jean Jaurès, près de la Halle aux Grains.

Avec : Jacques DALARUN, Pauline SCHMITT-PANTELSylvie STEINBERG, Michelle ZANCARINI-FOURNEL

modérateur, Louis-Pascal JACQUEMOND

 

« LES ECHAPPES (RE)BELLES : NORMES DE GENRE ET HISTOIRES SINGULIERES »
Cette table ronde part du constat fait depuis longtemps par l’historiographie de la variation des normes de genre selon les sociétés et les époques, et propose d’interroger la manière dont des personnes ou des groupes s’en accommodent, les manipulent, les contournent, les détournent, les contestent, en un mot se rebellent.

C’est le cas par exemple des mystiques du monde médiéval dont le parcours va de la contestation à la sanctification. On pense aussi aux enjeux du travestissement aux siècles modernes qui, une fois découvert, put apparaître comme le symptôme d’une rébellion face aux normes de genre les plus partagées ou encore des rébellions urbaines contemporaines qui font bouger la ligne de genre.

Cependant, parfois sans qu’ils n’aient rien contesté, des individus se voient aussi qualifié-e-s de rebelles : quelle société n’a pas ses efféminés ou ses viragos, figures érigées en contre-modèles qui permettent de renforcer les normes de genre les plus partagées. Dans d’autres cas, c’est un regard contemporain anachronique qui caractérise de rebelles des personnages qui, dans leur contexte, n’étaient pas perçus ainsi. Par exemple Sappho, rebelle par sa sexualité de notre point de vue hétéronormé, et tout à fait conventionnelle dans le contexte antique.

Ces histoires singulières soulignent à quel point la contestation des normes de genre peut être délibérée, assumée et participer d’une révolte contre un ordre – ou être « fabriquée » par des interprétations stigmatisant des conduites peu ordinaires voire par des relectures contemporaines de situations mal comprises.

L’Association Mnémosyne qui promeut l’histoire des femmes et du genre, propose d’interroger les manières dont le genre intervient pour afficher une différence, contourner des normes ou disqualifier des groupes en rassemblant des spécialistes des différentes périodes historiques qui présenteront des cas individuels ou collectifs mettant en scène des situations de rebellions.

 

Modérateur : JACQUEMOND Louis-Pascal

Historien, Inspecteur d’Académie (H), Intervenant à Sciences Po Paris

Louis-Pascal Jacquemond, inspecteur d’académie honoraire et historien, intervenant à Sciences Po Paris (préparation Agrégation d’Histoire) est co-auteur de La place des femmes dans l’Histoire. Une histoire mixte (Belin, 2010), et auteur de Irène Joliot-Curie, Biographie (Odile Jacob, janvier 2014). Il est membre du Conseil d’administration de Mnémosyne (Association pour le développement de l’histoire des femmes et du genre).

 

Intervenants :

SCHMITT-PANTEL Pauline

Professeure des Universités émérite en histoire ancienne   (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), membre du comité scientifique de l’Institut Emilie du Châtelet et de l’équipe ANHIMA

Pauline Schmitt-Pantel est professeure émérite des Universités en histoire grecque ancienne
(Université Panthéon-Sorbonne), et membre du comité scientifique de l’Institut Emilie du Châtelet. Elle a codirigé le numéro de la revue Clio, HFS, consacré en 2004 à Femmes et images. Elle a dirigé le volume 1. L’Antiquité, de l’Histoire des femmes en Occident, de G. Duby et M. Perrot (Plon, 1991). Elle a publié La religion grecque en 1989 (Cursus, Colin, 4ème réédition en 2007) avec Louise Bruit Zaidman. Elle a aussi publié Figures de femmes criminelles, de l’antiquité à nos jours (Publications de la Sorbonne, 2010) avec L. Cadiet, F. Chauvaud, C. Gauvard, M. Tsikounas et La cité au banquet. Histoire des repas publics dans les cités grecques (Publications de la Sorbonne, 1992, nouvelle édition 2011).

 

DALARUN Jacques

Professeur d’Histoire médiévale, directeur de recherche au CNRS, Directeur de l’Institut de recherche et d’histoire des textes, président du Conseil scientifique de l’École française de Rome et membre de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres.

Jacques Dalarun est directeur de recherche au CNRS et membre de l’Institut (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres). Après avoir publié plusieurs livres sur la figure charismatique de Robert d’Arbrissel, fondateur de l’abbaye de Fontevraud, il s’est consacré aux expériences religieuses masculines et féminines dans l’Italie des XIIIe et XIVe siècles. Parmi ses récentes publications, Claire d’Assise. Écrits, Vies, documents (co-dir.), (Éditions du Cerf-Éditions franciscaines, 2013), Bérard des Marses (1080-1130), un évêque exemplaire (Publications de la Sorbonne, 2013), Le Cantique de frère Soleil : François d’Assise réconcilié (Alma, 2014). En 2014, il a préparé un Georges Duby : portrait de l’historien en ses archives, avec Patrick Boucheron (Gallimard).

 

STEINBERG Sylvie

Directrice de recherche à l’EHESS, maîtresse de conférences HDR à l’Université de Rouen et co-Directrice de l’Institut du Genre, spécialiste de l’époque moderne.

Sylvie Steinberg a été nommée directrice de recherche à l’EHESS. Maîtresse de conférences HDR à l’Université de Rouen en histoire moderne, elle est co-Directrice de l’Institut du Genre (CNRS-Universités). Membre du comité de rédaction de CLIO Femmes, Genre, Histoire, elle est aussi membre de la SIEFAR et de la Société de démographie historique. Elle a publié Le travestissement en France à l’époque moderne (XVIe   XVIIIe siècles) (ANRT, 1999) et La confusion des sexes. Le travestissement de la Renaissance à la Révolution (Fayard, 2001). Elle a dirigé dans la revue Clio le numéro consacré en 2010 à Érotiques avec Violaine Sebillotte Cuchet. Elle a apporté sa contribution à La part des femmes dans l’histoire. Manuel d’histoire mixte, s. d. Association Mnémosyne (Belin, 2010).

 

ZANCARINI-FOURNEL Michelle

Professeure émérite des Universités en histoire contemporaine (Université Claude Bernard-Lyon I), membre du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (Lyon I, UMR LARHRA)

Michelle Zancarini-Fournel est professeure émérite des Universités en histoire contemporaine (Université-Lyon-I), membre du LARHRA et du comité de rédaction de la revue CLIO, Femmes, Genre, Histoire. Elle a publié Le moment 68. Une histoire contestée (Paris, Seuil, 2008). Elle a également publié La France du temps présent (1945-2005) avec Christian Delacroix (Belin, volume 13, 2010), Engagements, rebellions et genre dans les quartiers populaires en Europe avec Sophie Béroud, Boris Gobille et Abdellali Hajjat (Editions des archives contemporaines, 2011), Les lois Veil. Les événements fondateurs, Contraception 1974, IVG 1975 avec Bibia Pavard et Florence Rochefort (Armand Colin, 2012) et  Luttes de femmes. 100 ans d’affiches féministes avec Bibia Pavard (éditions Les échappées, 2013).

Et merci à toutes et tous d’être aussi passé nous voir au stand, de suivre et soutenir Mnémosyne.

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La table  ronde Guerres, femmes et genre : la guerre a-t-elle un sexe ? a été un grand succès, la superbe salle du Conseil Général était bondée ce vendredi. Animée par Louis-Pascal JACQUEMOND (inspecteur d’académie honoraire, inspecteur pédagogique régional) les quatre intervenant-e-s ont répondu pour chaque période à la question de la pertinence des stéréotypes qui font des femmes des victimes et des hommes les principaux acteurs de la guerre, puis sur la pérennité des bouleversements provoqués par la guerre une fois celle-ci terminée. Puis ce fut au tour du public de poser de nombreuses questions.

Vous pouvez écouter  l’intégralité des interventions de cette table ronde co-organisée par le Conseil scientifique des Rendez-vous de l’histoire et notre association.

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avec

Aurélie DAMET, maîtresse de conférences à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, histoire grecque.

Claude GAUVARD, historienne, professeure émérite à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, histoire médiévale.

Véronique GARRIGUES, docteure en histoire à l’université de Toulouse II, histoire moderne.

Fabrice VIRGILI, directeur de recherche au CNRS, histoire contemporaine

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Plusieurs chapitres  et dossiers de La Place des femmes dans l’histoire Une histoire mixte portent sur le sujet :

p.20 : Dossiers Masculin et féminin dans l’épopée homérique

un document parmi d’autres : « Réactions des hommes et des femmes à l’annonce de la mort de Patrocle »

p.102 : Dossier, Jeanne d’Arc, histoire et mythes

p.165 : Dossier, La place des femmes dans l’imaginaire politique

un document parmi d’autres : Les femmes et la paix civile : l’exemple de l’enlèvement des Sabines.

p.265 : Chapitre 24, La Grande Guerre

p.311 : Chapitre 28, La Seconde Guerre mondiale

p.321 : Chapitre 29, La France des années noires

p.363 : Dossier, Les Femmes dans la guerre d’Algérie

p. 378 Dossier, Le Viol comme tactique de guerre

 

pour mieux connaitre les intervenants de la table ronde :

Louis-Pascal Jacquemond

 

Aurélie Damet 

Véronique Garrigues

Claude Gauvard

Fabrice Virgili

 

 

 

 

La table ronde Genre et sociétés rurales : visibilité et invisibilité des paysannes dans l’histoire sera bientôt en ligne sur le site.

Avec Fabrice Boudjaaba, Ronald Hubscher, Louis-Pascal Jacquemond, Didier Lett, Violaine Sebillotte Cuchet.

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Carte blanche à l’Association pour le développement de l’histoire des femmes et du genre – Mnémosyne.

L’enregistrement de la table ronde : Le voile des femmes : notre Orient en question est en ligne. Avec la participation de Jocelyne Dakhlia, Frédéric Lagrange, Sophie Lalanne, Siobhan Mc Ilvanney, Florence Rochefort, Christelle Taraud

 

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Le voile des femmes est associé à l’Islam dans la France contemporaine. Sans revenir sur de récents débats, l’association Mnémosyne, qui promeut le développement de l’histoire des femmes et du genre, propose de rassembler des spécialistes des différentes périodes historiques pour examiner comment s’est élaborée, en France, une vision spécifique de la femme voilée. De la dissimulation des femmes barbares chez Hérodote au voile des belles Orientales du Maghreb colonial, en passant par le voile chrétien recommandé par Saint Paul et qui s’impose très progressivement dans les sociétés urbaines du Moyen-Orient à partir du VIIIe siècle, cette pièce de vêtement cristallise un rapport homme-femme toujours problématique dans la France laïque et républicaine.

INTERVENANTS : JOCELYNE DAKHLIA, directrice d’études à l’EHESS, FRÉDÉRIC LAGRANGE, maître de conférences à l’université de Paris IV, SOPHIE LALANNE, maître de conférences à l’université Paris I, SIOBHAN MC ILVANNEY, Senior Lecturer au King’s College de Londres, FLORENCE ROCHEFORT, chargée de recherche au CNRS, CHRISTELLE TARAUD, professeure à l’université de New York et à l’université de Columbia de Paris.

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Devant le stand de Mnémosyne : Fréderic Lagrange, Siobhan Mc Ilvanney, Dominique Picco, Pascale Barthelemy, Irène Jamy, Florence Rochefort et Sophie Lalanne

 

Devant le stand de Mnémosyne

 

par Jean-François Dortier
SciencesHumaines-n°221_dec-2010
Mensuel N° 221 – décembre 2010
Imaginer, créer, innover…Le travail de l’imagination – 5€50

Aux Entretiens de l’histoire de Blois, les historiens racontent volontiers pourquoi ils se passionnent 
pour des sujets minuscules, mais qui révèlent 
des phénomènes bien plus vastes de notre passé.

Tous les ans à Blois ont lieu les Entretiens de l’histoire. Durant quatre jours, tout ce que la petite ville compte d’amphithéâtres, de salles de conférence et même de cafés est occupé par des rencontres, tables rondes et débats. Pour sa XIIIe édition, le thème fédérateur était « Faire Justice » et les sujets de débat ne manquaient pas : de la justice médiévale aux actuels tribunaux internationaux, des crimes de l’Antiquité au procès d’Outreau, etc., plusieurs centaines de rencontres sont offertes à un public toujours au rendez-vous, le succès ne se démentant pas d’une année à l’autre.

Une autre occasion exceptionnelle est offerte à Blois : aller rencontrer directement les auteurs, qui pendant une heure ou deux sur leur stand, se plient volontiers au rituel de la signature. Pour les voir, il faut se rendre dans la grande librairie ouverte où des dizaines d’éditeurs regroupés dans la halle aux grains et sous un chapiteau voisin tiennent leur stand (Sciences Humaines y a le sien). Nous sommes allés à la rencontre de quelques-uns de ces auteurs.

(…)

La femme écouillée

Reprenons notre déambulation. Quelques allées plus loin, au hasard, mon regard tombe sur un panneau « Mnémosyne » (Association pour le développement de l’histoire des femmes et du genre). Trois historiens sont là pour présenter un livre d’exception, La Place des femmes dans l’histoire. Une histoire mixte (Belin), qui vient tout juste de sortir de l’imprimerie. Un livre qui a la facture d’un manuel, qui respecte les découpages d’histoire scolaire, propose des textes de synthèse, des documents…, mais dont l’optique est celle de relire l’histoire en prenant en compte la place des femmes, « un autre récit qui sort les femmes de l’ombre », écrit le dépliant. J’engage le dialogue avec les auteurs présents.

C’est l’occasion de poser une question récurrente à propos des « maîtresses femmes ». Pas seulement des femmes de pouvoir (reines, impératrices ou courtisanes), mais des femmes du peuple qui, malgré la domination masculine, le joug de la loi, de l’éducation, de la coutume…, réussissent tout de même à s’imposer dans la sphère domestique comme de véritables tyrans, soumettent leur mari et dirigent le foyer d’une poigne de fer. En a-t-il existé à toutes les époques de l’histoire ? L’historien pourrait-il en trouver la trace ?

C’est Didier Lett, l’un des auteurs, rédacteur du chapitre sur le Moyen Âge, qui me répond. «  Dans les fabliaux du Moyen Âge, on trouve des récits de “femmes écouillées”. L’une de ces fables raconte comment un homme a réussi à mater sa belle-mère, une matrone intraitable. Il a organisé un simulacre d’opération où on lui a extrait des couilles de taureau qu’elle avait dans les fesses. La femme ainsi “écouillée” est redevenue docile et les choses pouvaient alors rentrer dans l’ordre. L’ordre masculin, s’entend. C’est une fable évidemment racontée du point de vue des hommes. Mais elle indique bien que le profil des “maîtresses femmes” était connu à l’époque. »

Chaque stand est ainsi l’occasion d’entrer dans une nouvelle histoire. Chaque couverture de livre est une tentation, une porte qui ouvre vers un bout de monde disparu. Ici, on peut se replonger dans l’univers des Mayas, là ce sont les pirates et flibustiers, ici le procès Eichmann… Chaque historien a reconstitué un petit morceau de cette longue histoire des hommes (et des femmes). Et sur chaque table de chaque stand, des dizaines et des dizaines de couvertures, autant de portes vers le passé.

Le temps d’un long week-end, à Blois, on peut ainsi rouvrir à volonté les pages oubliées de l’histoire.