Journée d’études 1er octobre 2005

 

Du point de vue de l’histoire des femmes et du genre, la bande dessinée demeure un terrain en friche. Véritable phénomène de société, elle mérite pourtant une attention particulière ne serait-ce qu’en raison du fort marquage des identités sexuées et de l’emprise des images dans notre culture contemporaine. Conformément aux autres domaines artistiques, la BD est un espace particulièrement masculin, dans sa production, son contenu et sa réception. Ce diagnostic n’exclut pas des zones d’ombre : œuvres et créatrices inconnues, discrétion du lectorat féminin. Il met d’autant plus en relief l’entrée récente dans ce domaine de femmes auteures, dessinatrices et scénaristes.

Sur un terrain en partie vierge, la journée proposait de réfléchir aux modalités d’une approche en termes de genre et aux outils à mettre en œuvre, à la fois pour déconstruire l’imaginaire androcentré qui nous constitue tous et toutes et pour évaluer les implications d’une féminisation de la production, d’un point de vue esthétique, sociologique et idéologique.

La réflexion a d’abord été menée sur le terrain de l’histoire des femmes et du genre. Comment le genre se décline-t-il dans l’image et les scénarios ? Quelles fonctions les différents stéréotypes masculins et féminins jouent-ils dans les trames discursives (faire-valoir de la virilité, peur du féminin et de l’altérité, etc.) ? Comment sont-ils repris, déplacés, subvertis sous le crayon des dessinatrices ? La BD est-elle devenue ou peut-elle devenir un espace de libération du sexe féminin ?

On s’est ensuite interrogé sur la fonction pédagogique de la BD. Le 9e art commence à entrer à l’école comme outil pédagogique : quels sont les mécanismes de compréhension et les effets sur l’imaginaire d’une lecture qui entremêle texte et dessin ? Quelle est son utilité, quels sont ses usages par rapport aux autres livres et outils pédagogiques ? Que peuvent-elles apporter à la transmission d’un critique féministe de l’école ?

Enfin, la participation de professionnelles a permis de s’interroger sur les conditions concrètes de production de la BD par des femmes et la production imaginaire des personnages de BD (inscription du genre dans le dessin, le langage et la narration, traitement de la violence, de la séduction, de la sexualité).

 

Journée d’études
1er octobre 2005

 

Introduction, par Cécile Dauphin

Représentation des femmes dans la BD : l’exemple des héroïnes.
Geneviève Dermenjian et Jacques Guilhaumou

Les femmes dans la collection Vécu , personnages historiques ou fantasmes contemporains.
L’exemple d’Ariane, héroïne des 7 Vies de l’épervier.
Julien Derouet

Shojo manga et genre dans la bande dessinée japonaise
Richard Mèmeteau

L’utilisation pédagogique de la BD, expérimentation auprès de neuf classes de CM2.
Olivier Terrades

Table ronde : La BD et les femmes
Avec Catherine Beaunez, Chantal Montellier, Jeanne Puchol, Perrine Rouillon (auteures) et Thierry Groensteen (éditeur).

 

 

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