Journée d'étude 2020

Venez le 1er février 2020 à l’après-midi d’études autour du développement de l’histoire des femmes et du genre depuis 2000.

PROGRAMME

Samedi 1er février

de 14h à 18h

Université Paris II Panthéon-Assas 12 place du Panthéon, Paris 5 (Salle des Conseils – Aile Soufflot – Escalier M – 2e étage)

Accueil et introduction par Michelle Perrot

Table ronde 1. Quelle histoire des femmes et du genre depuis 20 ans ? Une réflexion historiographique

Modération : Françoise Thébaud (Université d’Avignon)

Intervenantes :

Violaine Sébillotte (Université Paris I Panthéon-Sorbonne) Didier Lett (Université Paris Diderot)
Sylvie Steinberg (EHESS)
Michelle Zancarini-Fournel (Université Lyon 1)

Table ronde 2. Quelle visibilité pour cette histoire dans les institutions ? Une réflexion stratégique

Présidence : Pascale Barthélémy (ENS-Lyon)

Intervenantes :

Florence Rochefort (CNRS)
Amandine Berton-Schmitt (Centre Hubertine Auclert)
Elise Brunel (Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation) Marianne Thivend (Université Lyon-2)

Table ronde 3. Quelle diffusion, par quels canaux, pour quels publics ? Une réflexion médiatique

Modération : Fabrice Virgili (CNRS)

Intervenantes :

Cécile Beghin et Véronique Garrigues (Mnémosyne) Barbara Wolman (Matilda)
Joëlle Alazard (APHG)
Fanny Cohen-Moreau (Passion Médiévistes)

La journée d’études sera suivie d’un cocktail.

Entrée libre, dans la limite des places disponibles. Inscription obligatoire par mail à : contact@mnemosyne.asso.fr

programme-JE2020

 

Lucie Jardot, Sceller et gouverner Pratiques et représentations du pouvoir des comtesses de Flandre et de Hainaut (XIIIe-XVe siècle), PUR-Mnémosyne, 2020

Entre 1244 et 1503, Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur champ politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement.

Avec une préface d’Olivier Mattéoni.

En février 2021 est paru, aux éditions GallimardHubertine Auclert. Journal d’une suffragiste, édité par Nicole Cadène.

« Adolescente, Hubertine Auclert (1848-1914) avait envisagé de prendre le voile, mais les religieuses n’avaient pas voulu d’elle. Elle se tourne alors vers un autre sacerdoce, la cause des femmes. Il y a fort à faire, comme elle le confie à son journal : exclues de la citoyenneté, privées de leurs droits civils, interdites de présence dans l’espace public, soumises à un moralisme étroit, les femmes de la fin du XIXe siècle sont en outre, pour les plus vulnérables d’entre elles, souvent exposées à la prostitution.
Pourquoi les hommes changeraient-ils les règles d’un jeu qui leur est si favorable ? Hubertine Auclert estime que le combat doit commencer par le vote, et non par la conquête des droits civils et de l’égalité salariale qui en découleront, contrairement à ce que pensent la plupart des féministes de l’époque.

Engagée dans des recherches sur les féminismes de la seconde moitié du XIXe siècle, Nicole Cadène a retrouvé, à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, le journal longtemps disparu d’Hubertine Auclert, militante à la volonté inflexible. Elle nous en livre ici une édition critique qui présente son autrice, la situe dans le mouvement féministe et ravive la mémoire de celle qui fut la plus éminente suffragiste française. »

Pour plus d’information, veuillez suivre ce lien : Nicole Cadène, Hubertine Auclert. Journal d’une suffragiste, Paris, Gallimard, 2021.

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QUELLE PLACE POUR LES FEMMES DANS L’HISTOIRE ENSEIGNÉE ? LES ACTIONS DE L’ASSOCIATION MNÉMOSYNE,

par Véronique Garrigues [1] et Julie Pilorget. [2].

Cet article fait partie du sommaire du dossier « Histoire mixte », publié dans le n°452 de la revue Historiens & Géographes, novembre-décembre 2020.

La politique éducative de promotion de l’égalité entre les filles et les garçons s’appuie, depuis le début des années 2000, sur des conventions interministérielles successives, la dernière a été signée le 28 novembre 2019 par le ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse et la secrétaire d’état en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Cette convention a pour objectif de modifier la division sexuée des rôles dans la société. On est en droit alors de s’interroger sur le silence des programmes quant à la place des femmes dans l’histoire enseignée. Constatant cet écart entre les incitations politiques et des programmes androcentrés, Mnémosyne multiplie les projets et les supports afin de poser les jalons d’une histoire mixte. Après la présentation des différentes activités de l’association, nous proposons ici de revenir plus spécifiquement sur la place des femmes scientifiques dans les programmes d’histoire.

Mnemosyne : une association engagée et dynamique

L’association Mnemosyne pour le développement de l’histoire des femmes et du genre a fêté cette année ses vingt ans. Fondée en 2000 à l’initiative de la revue Clio, il s’agit d’une association professionnelle d’historiennes et historiens qui s’intéresse à l’histoire des femmes et du genre, depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours. Les premières présidentes furent Françoise Thébaud puis Pascale Barthélémy, actuellement Julie Verlaine est à la tête de l’association. Société savante, ses nombreuses activités entendent promouvoir la dimension européenne, francophone et internationale de l’histoire des femmes et du genre ; à ce titre, elle est membre de l’International Federation for Research in Women’s History (IFRWH). Mnémosyne soutient l’inscription institutionnelle de ce domaine de recherche et sa transmission à tous les niveaux de l’enseignement. En conséquence, l’association organise et participe à de nombreux évènements tout au long de l’année.

Au début de chaque année, à la suite de l’assemblée générale, se tient une journée d’études autour d’une thématique analysée à l’aulne du genre par des historien.ne.s français.e.s ou exerçant à l’étranger, en partenariat avec des institutions culturelles, des laboratoires, ou des revues historiques. Ainsi depuis 2001, ont été abordées les études de genre avec des collègues anglais.e.s, italien.ne.s., espagnol.e.s ou allemand.e.s ; des débats ont porté sur les médias, l’art, les sciences, les migrations, l’éducation, les musées, les archives ou les images. Les interventions font l’objet depuis quelques de années de captation vidéo sur le site internet de l’association pour assurer une plus large diffusion.

Afin de favoriser et soutenir la recherche, depuis 2003, le Prix Mnémosyne récompense un master sur l’histoire des femmes et du genre, publié aux Presses universitaires de Rennes. Après une expertise réalisée par des spécialistes et une délibération du jury, celui-ci décerne un prix, et le ou la lauréat.e est accompagnée pendant tout le processus de l’édition jusqu’à sa parution. Au cours de ces années, 380 mémoires ont concouru. Le genre du Prix penche vers le féminin avec 14 lauréates et 3 lauréats. L’histoire contemporaine est la période qui recueille le plus de prix, mais en la découpant en tranches, un certain lissage apparaît avec les autres périodes (4 en médiévale, 5 en moderne, 3 pour le XIXe siècle et 4 pour le XXe siècle). Seul un mémoire en histoire grecque a été primé, reflet de la faible proportion de mémoires reçus pour la période antique. Le prochain prix, décerné à Maria Goupil-Travert, a pour thème les femmes militaires dans les armées révolutionnaires (1791-1851).

Depuis 2007, Mnémosyne a créé une revue électronique semestrielle Genre & Histoire, en libre accès, qui publie après expertise, des dossiers ou des varia portant sur les études de genre en histoire mais en s’ouvrant également aux autres sciences sociales.

L’association a établi au fil des années des partenariats (Louie MédiaMatildal’APHG) pour vulgariser auprès de différents publics l’histoire des femmes et du genre ou aborder l’égalité filles-garçons, en variant les supports (vidéos, concours contre le sexisme, podcast).

L’association a pris l’initiative de réaliser un manuel La place des femmes dans l’histoire [3], rendant compte de toute la complexité des relations entre les femmes et les hommes dans l’Histoire, en interrogeant la place du masculin et du féminin. Publié en 2010, il a été conçu comme une réponse scientifique et pédagogique à la faible place occupée par les femmes dans l’enseignement de l’histoire. Sa conception est un travail de longue haleine qui fait écho au rapport d’Annette Wieviorka en 2004, qui voyait dans l’absence de représentation féminine dans les textes officiels « un frein dans la marche vers l’égalité » [4]. Finalement, le manuel est contemporain de l’introduction de cette problématique dans les programmes du secondaire. Destiné à la « fabrique scolaire » [5], il propose d’éviter l’écueil d’une féminisation des cours d’histoire en y insérant seulement de temps à autres des grandes figures féminines, même si l’approche biographique ne peut être totalement évacuer. Il s’agit bien de mettre en place une histoire mixte, en réévaluant le rôle des actrices et des acteurs dans la sphère civique et publique, en n’occultant ni les inégalités de race ni de classes, qui peuvent se superposer à celles du genre. Les 36 chapitres permettent également de s’interroger sur les césures chronologiques classiques et leurs impasses, notamment lorsqu’il est question de l’histoire des femmes. Outil de mise en ordre, les frises chronologiques participent également à l’invisibilisation des femmes et doivent à ce titre être aussi questionnées [6].

Pour compléter le manuel, Mnémosyne a soutenu en 2017 la publication de L’Europe des femmes, XVIIIe-XXIe siècle [7]. C’est un recueil de textes (fictions, chansons, discours, correspondances – dans leur langue originale et avec leur traduction française) mais aussi de documents iconographiques qui se font l’écho de trois siècles d’histoire européenne et des aspirations, ou des obstacles, à une égalité entre les sexes. Ces documents devenus des classiques, et d’autres moins connus, interrogent l’éducation des filles, l’influence des religions, le rapport au corps, l’expérience de guerre, les féminismes et les luttes menées au nom de l’égalité civile et politique, ou encore la reconnaissance conquise dans les arts et les sciences.

Aujourd’hui, avec les nouveaux programmes de collège et de lycée, on constate un nouveau recul de la présence des femmes dans l’histoire enseignée, et les enseignements de spécialité font avant tout la promotion d’un « roman national » tourné vers les faits militaires et les événements politiques, aux dépens de l’histoire sociale. Malgré ce contexte peu propice à l’histoire mixte, Mnémosyne propose un atelier pédagogique lors des Rendez-vous de l’histoire à Blois. En 2017, en suivant le thème « Eurêka », des pistes d’exploitation pédagogique ont été proposées sur les femmes et les sciences ; elles ont été ici en partie réactualisées avec le renouvellement des programmes en lycée.Enseigner la place des femmes dans l’histoire des sciences

Alors que l’Observatoire des inégalités rappelle dans sa dernière enquête en 2018 que les filles demeurent sous-représentées dans les formations scientifiques et technologiques en raison des stéréotypes attribués à ces filières, on peut constater que les programmes d’histoire participent à cet imaginaire collectif où la figure du scientifique demeure associée à des attributs masculins. En effet, il n’y a aucune mention explicite de femmes scientifiques dans les programmes du collège. Au lycée, elles « peuvent être mises en avant » dans deux chapitres, en Seconde et en Première, avec deux figures placées en exergue, Madame du Châtelet et Marie Curie, mentionnées dans les points de passage obligé [8]. L’enseignement de spécialité en Terminale amène à revenir sur la notion de communauté savante et la « recherche et échanges des hommes et des femmes de science sur la question de la radioactivité de 1896 aux années 1950 ».

En collège, l’invisibilisation des femmes par le terme épicène « scientifique » autorise donc à prendre en compte le rôle des femmes dans le monde savant dans de nombreux chapitres. L’étude d’un monastère féminin est l’occasion de rappeler qu’il aussi un lieu du savoir féminin (plus que l’Université) dans l’Occident médiéval. Les bouleversements techniques à la Renaissance ont pu être le fait de femmes vivant dans l’entourage familial de scientifiques comme auxiliaire ou aide domestique (Sophie Brahé, Maria Cunitz). La participation de Madame du Châtelet au développement de l’esprit scientifique dans l’Europe des Lumières est encore trop souvent perçu comme une anomalie ou elle apparaît comme une figure d’exception. Marie-Anne Lavoisier est elle aussi trop souvent reléguée au rôle d’épouse, alors qu’elle a collaboré aux travaux de chimie de son mari. Tout en multipliant les figures de femmes scientifiques dans l’histoire enseignée, il faut interroger les préjugés et résistances d’une époque (accès au savoir, misogynie, publication ou non des dé-couvertes faites par des femmes), et éviter l’effet Matilda [9] pour déconstruire les préjugés. Un test de représentation auprès des élèves peut être parfois utile pour revenir sur des stéréotypes, comme la différence de poids entre cerveaux féminin et masculin, le nombre de femmes scientifiques ayant reçu le Prix Nobel, ou depuis quand les femmes font-elles des sciences [10]. En lien avec le cours de Physique-Chimie en 3e, sur la description de la matière dans l’Univers, la conquête spatiale comme enjeu de la Guerre Froide peut donner lieu à une étude genrée. Valentina Tereshkova, première femme à faire un vol dans l’espace en 1963, devient une icône de l’idéal soviétique en Europe, à l’égal de Iouri Gagarine. En retraçant leur parcours, les élèves peuvent autant s’interroger sur la place des hommes et des femmes dans la course aux étoiles que sur la propagande [11].

Pour aborder l’égalité fille/garçon en EMC, les préjugés sur les femmes scientifiques peuvent être étudiés à partir d’un texte de Kant sur l’infériorité naturelle des femmes à l’époque des Lumières, en analysant les réactions masculines à la candidature de Marie Curie à l’Académie des sciences en 1911, ou celles de femmes alors que Valentina Terechkova est en train de passer trois jours en orbite autour de la Terre en 1963.

  • Emmanuel Kant (1724-1804), « De la différence du sublime et du beau dans le rapport des sexes », Observations sur le sentiment du beau et du sublime (1764) : « Le caractère naturel de ce sexe possède encore des traits qui lui sont propres, qui le différencient du notre et se font principalement connaître par le signe de la beauté. […] Une femme a un sentiment fort et inné de ce qui est beau, gracieux et orné. Dans l’enfance déjà, les femmes aiment les toilettes, et elles se plaisent elles-mêmes à se parer. Elles sont propres et très sensibles à ce qui peut provoquer du dégoût. Elles aiment la plaisanterie, et on peut les entretenir de bagatelles, pourvu qu’elles soient gaies et rieuses. […] Le beau sexe a autant d’entendement que le masculin, seulement, c’est un bel entendement, et le nôtre doit être un entendement profond, ce qui a la même signification qu’un entendement sublime. […] Une réflexion profonde et une méditation continue et prolongée sont nobles mais difficiles et ne conviennent pas bien à une personne en laquelle les libres attraits ne doivent montrer rien d’autre qu’une belle nature. […] Une femme qui a la tête remplie de grec, comme Mme Darcier, ou qui discute à fond le mécanisme, comme la marquise du Châtelet, pourrait aussi porter une barbe ; car celle-ci exprimerait plus visiblement encore l’air de profondeur qu’elles recherchent. […] En conséquence, la femme n’apprendra pas la géométrie. […] Elles ne vont pas se remplir la tête, en histoire de combats, en géographie de fortifications, car il leur convient aussi peu de sentir la poudre à canon qu’aux hommes de sentir le musc ».
  • La une de l’Excelsior du 9 janvier 1911 est consultable sur le site de l’histoire par l’image.
  • Un micro-trottoir, réalisé alors que la cosmonaute est encore dans l’espace, montre différentes réactions de téléspectatrices et téléspectateurs, il est en ligne sur le site de l’INA.

Au lycée, le chapitre des Lumières sur le développement des sciences incite à interroger la place des femmes dans ce mouvement, en revenant sur le parcours d’Émilie du Châtelet. On peut montrer son rôle dans la diffusion des idées des Lumières, autant par la publication de ses découvertes que par ses traductions de Newton et Leibniz. Il est aussi possible de questionner plus généralement la formation des femmes et leurs conditions d’accès à la connaissance scientifique, les modalités d’exercice de la science et leur participation à l’essor scientifique au XVIIIe siècle. Parmi les savants des Lumières, environ 200 sont des femmes. Dans le seul domaine de l’astronomie en Allemagne, 14 % des astronomes sont des femmes entre 1650 et 1710. Les critiques contre ces « femmes savantes » moquées par Molière sont nombreuses, et des penseurs comme Helvétius ou Condorcet qui encouragent l’éducation des filles sont peu nombreux. Dans les milieux aristocratiques ou bourgeois, des filles doivent à la présence d’un frère, à l’attention d’un père ou d’un époux de recevoir une formation scientifique. C’est le cas pour Maria Agnesi dont le père est mathématicien [12], pour Maria Winckelmann dont le mari est astronome, pour Caroline Herschel, qui a travaillé avec son frère astronome, ou pour Nicole Lepaute, épouse d’un horloger du roi. Certaines femmes sont aussi autodidactes, comme Sophie Germain, et puisent dans les bibliothèques familiales (Madame Roland). La recherche scientifique n’est pas institutionnalisée, des laboratoires s’organisent dans les résidences privées des scientifiques, homme ou femme : Émilie du Châtelet installe son laboratoire au château de Cirey. Les couples travaillent ensemble, et vivent entourés de leurs collaborateurs, comme Philibert Commerson et Jeanne Baret, couple de naturalistes. Les femmes calculent, dessinent, traduisent, publient. Pourtant leur contribution à la diffusion des sciences est minorée car leurs travaux sont publiés anonymement ou elles ne sont désignées que comme de simples assistantes. Ainsi, en 1702, Gottfried Kirch, astronome du Roi à Berlin, s’approprie la découverte de sa femme Maria Winckelmann (1670-1720) et il donne son nom à la comète qu’elle a découverte. Les préjugés sexistes et l’absence d’un accès à l’instruction excluent donc la majorité des femmes du monde des sciences. Deux siècles plus tard, la réussite de Marie Curie peut servir de modèle aux étudiantes, alors que son parcours demeure exceptionnel dans le monde scientifique, même pour ses homologues masculins.

En Première, pour insérer le PPO sur Marie Curie dans la Grande guerre [13], il est envisageable de montrer comment les technologies ont pu autant briser les corps que les soigner, en y analysant la place des femmes. Le site de la Mission Centenaire fournit des documents en ligne sur Marie Curie et les usages de la radiologie au front. Les sites de nombreuses archives départementales mettent en ligne des documents montrant les soins médicaux apportés par les femmes aux soldats blessés, comme le dossier pédagogique proposé par le service éducatif des archives du Pas-de-Calais. Les débuts de la chirurgie réparatrice au services des gueules cassées est aussi l’occasion de présenter le rôle des femmes dans ce domaine : Suzanne Noël (1878-1954), docteur en médecine et pionnière en chirurgie esthétique, et Anna Coleman (1878-1939), sculptrice américaine a créé un atelier de prothèses faciales [14].

Dans les manuels scolaires, le chapitre sur la « recherche et échanges des hommes et des femmes de science sur la question de la radioactivité de 1896 aux années 1950 » met surtout en avant les époux Curie et Joliot-Curie. C’est aussi l’occasion d’expliquer ce qu’est l’effet Matilda, à partir de l’exemple d’une collaboration scientifique. Pendant les années 1930, le chimiste allemand Otto Hahn et la chimiste autrichienne Lise Meitner travaillent sur le « projet Uranium ». Malgré la guerre et leur éloignement (juive, Meitner a fui l’Allemagne nazie), ils continuent d’échanger sur l’avancement de leurs travaux. En 1945, Hahn obtient le prix Nobel de chimie et devient le « père fondateur de la chimie nucléaire ». La participation de Lise Meitner n’est pas reconnue, alors que ses travaux sont aujourd’hui considérés comme pionniers sur la structure du noyau atomique et la fission de l’uranium. L’éloignement temporaire de Lise Meitner de la communauté scientifique, les compétences insuffisantes du comité de chimistes (incapables de comprendre sa contribution théorique) et la misogynie de Manne Siegbahn, directeur de l’Institut Noble de physique ont favorisé l’effacement du rôle de cette femme scientifique sur la question de la radioactivité. Il en est de même avec les femmes qui ont participé au projet Manhattan, où seules des figures masculines sont retenues, alors que la carrière de Lilli Hornig est connue ainsi que le travail des opératrices pour surveiller les unités de la centrale électromagnétique Y-12.

Les difficultés rencontrées par les femmes dans le monde scientifique face aux réticences masculines et aux préjugés se retrouvent également dans le monde des armes, des arts, ou du travail. Elles peuvent parfois prétendre à l’exceptionnalité, rarement à la normalité. L’histoire mixte aide certes à les sortir de l’ombre, mais aussi à comprendre les mécanismes d’effacement mémoriel en proposant des documents permettant une relecture de leur participation à l’Histoire. Sans s’affranchir des programmes, il est essentiel de mettre en œuvre une histoire mixte dans nos classes, car comme le rappelle la sociologue Margaret Marouani, « il n’y a pas de pente naturelle vers l’égalité » [15].

© Historiens & Géographes n°452, novembre 2020 – janvier 2021- Tous droits réservés. Mise en ligne : 27 janvier 2021.

Notes

[1] Agrégée d’histoire et de géographie, docteure en histoire moderne (université de Limoges). Chercheure associée UMR FRAMESPA. Mnémosyne.
[2] Agrégée d’histoire, docteure en histoire médiévale (Université de Paris-Sorbonne), Chercheure associée Centre Roland Mousnier – UMR 8596. Mnémosyne.
[3] Geneviève Dermenjian, Irène Jami, Annie Rouquier & Françoise Thébaud (coord.), La place des femmes dans l’histoire. Une histoire mixte, Paris, Belin, 2010.
[4] Annette Wieviorka, « Quelle place pour les femmes dans l’histoire enseignée ? », Rapport du conseil économique et social, 2004.
[5] Laurence de Cock, Emmanuelle Picard (dir.), La fabrique scolaire de l’histoire. Illusions et désillusions du roman national, Marseille, Éditions Agone, coll. « Passé & présent », 2009.
[6] Julie Pilorget, « La fin du Moyen Âge, un moment charnière pour l’histoire des femmes ? Les embarras de la périodisation », Questes, 33, 2016, p. 95-107. Le premier chapitre d’Histoire de Seconde sur la périodisation de l’histoire est une entrée possible autour de ce questionnement.
[7] Julie Le Gac, Fabrice Virgili (coord.), L’Europe des Femmes, XVIIIe-XXIe, Recueil pour une histoire du genre en V.O., Perrin, 2017.
[8] En Seconde, dans le chapitre 1 du thème 4 « Les Lumières et le développement des sciences », un des objectifs est de montrer le rôle de femmes dans la vie scientifique et culturelle. En Première, dans le chapitre 2 du thème 4 « Les sociétés en guerre : des civils acteurs et victimes de la guerre », la place des femmes mobilisées en temps de guerre peut être évoquée.
[9] Déni ou la minimisation systématique de la contribution des femmes scientifiques à la recherche, dont le travail est souvent attribué à leurs collègues masculins. Margaret W. Rossiter, « L’effet Matthieu Mathilda en sciences », Les cahiers du CEDREF, 11, 2003, p. 21-39.
[10] Jacky Fleming, Le problème avec les femmes, Dargaud, 2016. Gérard Chazal, Les femmes et la science, Ellipses, 2006 (édition poche 2015).
[11] « La première femme dans l’espace, URSS-Bulgarie, 1963-1966 », L’Europe des femmes, p. 334-337.
[12] « Une mathématicienne reconnue par ses pairs », L’Europe des femmes, p. 314-317.
[13] Sur son engagement pendant la Grande Guerre : Michel PINAULT, « Marie Curie, une intellectuelle engagée ? », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés En ligne, 24 | 2006, 24 | 2006, 211-229
[14] Deux romans graphiques retracent leur parcours. Sybille Titeux de la Croix, L’atelier des gueules cassées, Marabulles, 2018. Leila Slimani et Clément Oubric, À mains nues, Les Arènes BD, 2020.
[15] Article dans L’Humanité le 8 mars 2000.

Le n°452 d’Historiens&Géographes contenant le dossier sur l’histoire mixte est paru.
Les auteures ont décidé, avec Marc Charbonnier, de mettre en accès libre l’article Quelle place pour les femmes dans l’histoire enseignée ? Les actions de Mnémosyne

Vous pouvez trouver dans le lien ci-après le sommaire du dossier : https://www.aphg.fr/Sommaire-du-dossier-Une-histoire-mixte

En cette fin d’année 2020 est paru aux PUP, dans la collection Penser le genreGenre, récits et usages de la transgression, dirigé par Nicole Cadène, Karine Lambert et Martine Lapied.

« Cet ouvrage met en lumière le rôle fondateur du genre au cœur de la dialectique normes / transgressions. Il explore maintes déclinaisons des transgressions et de leurs paradoxes dans une perspective dynamique et diachronique, et veut saisir comment les infractions aux normes de genre sont produites, négociées et vécues individuellement ou collectivement. Il met en lumière la façon dont le genre, pierre angulaire de l’ordre social et symbolique, fait constamment norme, dans les pratiques et dans les représentations. Mais la richesse des travaux réunis ici permet aussi de mesurer combien le contexte influe sur le contenu et la puissance totémique de cette norme, sans cesse reconfigurée.

Ce livre redonne ainsi voix à celles et à ceux qui, célèbres ou obscurs, artistes, diaristes, épistolières, militantes ou criminelles, ont, consciemment ou non, quelquefois dans la joie mais plus souvent au prix d’une mise au ban promesse d’oubli voire de leur vie, tâtonné vers un chemin de liberté dégagé des contraintes, pesanteurs et interdits qui les entravaient. De leurs choix, de leurs combats, de leurs accomplissements et de leurs échecs dont nous avons renoué les fils à partir des indices parfois ténus de leur transgressions, peuvent surgir, demain, de nouveaux chemins d’émancipation. »

Pour plus d’information, veuillez suivre ce lien : Nicole Cadène, Karine Lambert, Martine Lapied (dir.), Genre, récits et usages de la transgression, Marseille, PUP, coll. Penser le genre, 2020.

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Cette année est paru, aux éditions CNRS, L’âge d’or de l’ordre masculin. La France, les femmes et le pouvoir 1804 – 1860, d’Eliane Viennot.

Quatrième étape d’une étude magistrale sur La France, les femmes et le pouvoir depuis le Ve siècle, ce volume explore les six premières décennies du XIXe siècle. D’un empire à l’autre, en passant par le retour de la monarchie et celui de la République, la période a vu se consolider la domination des hommes sur les femmes à un point jamais atteint jusqu’alors en France. Entreprise difficile et conflictuelle, dans une société où la question de l’égalité des sexes était débattue depuis la fin du Moyen Âge, et où tant de femmes en avaient fait la démonstration.
D’où le déploiement sans précédent de constitutions, de lois, de mesures réglementaires, de théories pseudo-scientifiques, de discours historiques délibérément muets sur les femmes, mais aussi de violences verbales, physiques et symboliques destinées à asseoir le nouvel ordre et à confiner le sexe dit « faible » dans les emplois les plus déqualifiés, loin des lieux de pouvoir et d’excellence. Le tout sans parvenir à désarmer celles et ceux qui pensaient qu’une autre société était possible, et qui, exploitant toutes les failles du système, se donnèrent peu à peu les moyens de changer la donne, pour que l’égalité, la liberté, ne restent pas le bien des frères.

Pour plus d’information, veuillez suivre ce lien : Eliane Viennot, L’Âge d’or de l’ordre masculin. La France, les femmes et le pouvoir, 1804-1860, Paris, CNRS éditions, 2020.

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Cette année est paru, dans la collection Folio essais des éditions Gallimard, les deux tomes de Femmes et littérature. Une histoire culturelle. dirigée par Martine Reid.

Femmes et littérature, une histoire culturelle offre pour la première fois un ample panorama de la présence des femmes en littérature, du Moyen Âge au XXIe siècle, en France et dans les pays francophones.
Composé de deux volumes, l’ouvrage rend compte des multiples formes que prend leur production selon le temps auquel elles appartiennent : poésie, théâtre et roman, correspondance, journal intime et autobiographie, essai, pratique journalistique, littérature populaire et littérature pour enfants. Leur participation active à la vie littéraire, leur présence dans les cours et couvents, salons, cercles et académies, dans la presse et les médias, leur rapport au manuscrit, au livre et à l’édition, leurs réflexions sur l’éducation ainsi que sur leur «condition» spécifique sont analysés et mis en perspective.
Fruit du travail collectif d’une dizaine de spécialistes, une telle synthèse contribue à enrichir considérablement les connaissances existantes. Elle rend ainsi toute sa place à une production littéraire souvent ignorée, rarement reconnue à sa juste valeur.

Pour plus d’information, veuillez suivre ces liens :

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Le 18 juin 2020 est paru, aux éditions L’Harmattan, le livre « Sexisme et Psychologie » de Sabine de Bosscher, préfacé par Annick Durand-Delvigne.

"Sexisme et psychologie" - couverture

Cet ouvrage projette un éclairage nouveau sur le sexisme et son impact sur les insertions sociales différentes des deux sexes. Il confronte pour cela différentes approches issues de la psychologie sociale, de la psychologie du développement, de la psychologie du travail mais également d’autres issues des sciences de l’éducation et de la sociologie. Si certaines inégalités tendent à disparaître, d’autres se maintiennent ou se recomposent.

Sabine de Bosscher est enseignante-chercheuse en psychologie sociale et du travail à l’université de Lille et membre de l’équipe de recherche PSITEC. Ses travaux de recherche et ses enseignements portent sur les effets des stéréotypes de sexe dans le monde éducatif et dans le monde du travail. Elle a été chargée de l’égalité femmes-hommes à l’université de Lille 3 et a mené des actions de sensibilisation aux effets des stéréotypes de sexe auprès des étudiants.

Pour plus d’information, veuillez suivre ce lien : Sabine De Bosscher, « Sexisme et psychologie », L’Harmattan, 2020.

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En 2020-2021, pour la première fois depuis 4 ans, l’Académie de Créteil n’offrira pas aux professeur.e.s d’histoire-géographie la possibilité de se former à l’enseignement d’une histoire des hommes et des femmes : le stage « enseigner une histoire mixte pour construire une argumentation historique » a été enlevé du Plan académique de formation. Plébiscité par les collègues, recueillant chaque année largement plus de demandes que de places offertes (54 demandes pour 30 places en 2019-2020), sa disparition est incompréhensible.

Le contexte académique commande en effet de renforcer l’éducation à l’égalité entre les hommes et les femmes, tant les trois départements de l’académie sont confrontés au fléau des atteintes à l’intégrité physique et morale des femmes.

A leur échelle, les enseignant.e.s d’histoire et géographie ont un rôle majeur à jouer dans la construction d’une société plus juste envers les femmes, à travers l’enseignement d’une histoire réellement mixte, où hommes et femmes du passé agissent à parts égales, et où les entraves à l’égalité sont rendues visibles par le travail de classe. Cette mission entre pleinement dans le cadre du Plan National de formation, qui invite « Tous les personnels [à] s’approprier […] les évolutions qui traversent la société et à ce titre, ont des conséquences sur l’École et les politiques éducatives » et à « incarner, faire vivre et transmettre les valeurs de la République », dont l’égalité est un des socles.

L’égalité entre les hommes et les femmes ne doit pas rester un horizon théorique mais constituer un objectif fort de la formation des enseignant.e.s de notre académie.

En tant qu’intervenantes, enseignantes, responsables opérationnelles du stage et formatrices, nous en appelons aux responsables académiques pour revenir sur leur décision et maintenir ce stage.

Association Mnémosyne
et Centre Hubertine Auclert

Journée d'étude 2020

La journée d’étude 2020 organisée par l’Association Mnémosyne le 1er février 2020 est désormais en ligne sur notre chaîne Dailymotion.

Accueil par Julie Verlaine
Introduction de la journée d’étude par Michelle Perrot
« Quelle histoire des femmes et du genre depuis 20 ans ? – Une réflexion historiographique »
Modération : Françoise Thébaud (Université d’Avignon)
– Violaine Sébillotte (Université Paris I Panthéon-Sorbone)
– Didier Lett (Université Paris Diderot)
– Sylvie Steinberg (EHESS)
– Michelle Zancarini-Fournel (Université Lyon 1)
« Quelle histoire des femmes et du genre depuis 20 ans ? – Une réflexion historiographique »
Modération : Françoise Thébaud (Université d’Avignon)
– Violaine Sébillotte (Université Paris I Panthéon-Sorbone)
– Didier Lett (Université Paris Diderot)
– Sylvie Steinberg (EHESS)
– Michelle Zancarini-Fournel (Université Lyon 1)
« Quelle visibilité pour cette histoire dans les institutions ? – une réflexion stratégique »
Présidence : Pascale Barthélémy (ENS – Lyon)
– Florence Rochefort (CNRS)
– Amandine Breton-Schmitt (Centre Hubertine Auclert)
– Marianne Thivend (Université Lyon-2)
« Quelle diffusion, par quels canaux, pour quels publics ? Une réflexion médiatique »
Modération : Fabrice Virgili (CNRS)
– Cécile Beghin et Véronique Garrigues (Mnémosyne)
– Barbara Wolman (Matilda)
– Joëlle Alazard (APHG)
– Fanny Cohen-Moreau (Passion Médiévistes)

Profitez-en pour découvrir ou redécouvrir la chaîne Association Mnémosyne sur dailymotion et toutes nos journées d’études depuis 2012. Vous trouverez également la présentation de plusieurs des prix Mnémosyne publiés, de nos ouvrages La Place des femmes dans l’histoire, une histoire mixte (Belin, 2010) et L’Europe des femmes XVIIIe-XXIe (Perrin 2017) et bien entendu la présentation de notre association.

Clio. Femmes, Genre, Histoire
n° 51 (printemps 2020)
Femmes et genre en migration
Responsables du numéro :
Linda GUERRY & Françoise THÉBAUD

S’inscrivant dans une actualité politique et scientifique, ce numéro de Clio, attentif aux approches et sources nouvelles, questionne les femmes et le genre en migration au cours de l’histoire. De l’Antiquité à la période très contemporaine, les contributions, qui s’intéressent à des migrations de grande ampleur, proposent de nouvelles lectures des mouvements migratoires, montrent la capacité d’agir des femmes migrantes mais aussi les contraintes liées aux rapports de genre. Ce dossier interroge également ce que fait la migration à la féminité, à la masculinité, aux rôles socio-sexués, en mobilisant la notion de réagencement de genre.

« Revues en lutte »
Sciences en danger, revues en lutte. Par le collectif des revues en lutte, le Comité de rédaction de Clio. FGH & Camille Noûs

Editorial
Linda GUERRY & Françoise THÉBAUD
Éditorial. Femmes et genre en migration

Dossier
Marie-Adeline LE GUENNEC
Mobilités et migrations féminines dans l’Antiquité romaine. Une histoire fragmentaire
Irene BARBIERA
Du fer et du sang. Le genre des Grandes invasions (IVe-VIe siècle)
Virginie ADANE
Des Provinces-Unies à la vallée de l’Hudson. Réagencement de genre en Nouvelle-Néerlande (1624-1664)
Elisa CAMISCIOLI
La « traite des femmes », une histoire de migrations (France-Cuba, début du XXe siècle)
Stéphanie CONDON
Entre stratégies individuelles et stratégies de l’État. Le genre de l’émigration antillaise dans les années 1960

Regards complémentaires
Chiara QUAGLIARIELLO
Donner ou non la vie à Lampedusa. Histoires de migrations plurielles
Joachim HÄBERLEN
« En route vers la liberté » ? Trois récits de réfugiées musulmanes en Allemagne
Isabelle LACOUE-LABARTHE & Alice LACOUE-LABARTHE
La trilogie Istanbul-Berlin d’Emine Sevgi Özdamar. Genre et écriture entre deux mondes

Actualité de la recherche
Nancy GREEN
Quatre âges des études migratoires

Documents
Elise VALLIER-MATHIEU
La migration noire américaine. Le récit de vie de Jane Edna Hunter (1882-1971)
Linda GUERRY
Réunir les familles séparées par la migration. Récits de l’Immigrants’ Protective League à Chicago, 1931
Andrew DJ SHIELD
Turcs et Marocains aux Pays-Bas pendant la Révolution sexuelle (1964-1979). Une analyse photographique

Témoignage
Marianne AMAR
Migrantes au musée. Questions posées à l’histoire (entretien) par Linda GUERRY & Françoise THÉBAUD

Portrait
Anna BELLAVITIS
Angela Groppi (1947-2020), pionnière de l’histoire des femmes en Italie

Varia
Isabelle MATAMOROS
L’habitude de bien lire. Lectures quotidiennes d’une jeune bourgeoise dans les années 1820
Solange LAPEYRIÈRE
Celles qui sortent et celles qui restent. « Carrières asilaires » des femmes internées dans les asiles en France au XIXe siècle