« Le comité de rédaction de la revue Genre & Histoire a décidé de se mettre en grève à compter du 15 janvier 2020 pour exprimer son soutien au mouvement contre la réforme des retraites, particulièrement préjudiciable aux femmes, mais également aux enseignant.es de tous les niveaux, aux chercheur·es, à tous les agents de la fonction publique et à tous les jeunes que les enseignant·es-chercheur·es forment à la vie professionnelle.

Ce comité souhaite également manifester son opposition à la loi pluriannuelle de programmation de la recherche, dont les documents préparatoires font craindre qu’elle ne précarise encore plus les jeunes chercheur·es et rende plus difficiles les différentes formes de valorisation de la recherche auxquelles les revues électroniques participent.

Les membres du comité cessent donc leurs activités éditoriales jusqu’à nouvel ordre et se joignent aux autres revues en grève pour organiser des actions collectives contre la destruction programmée de nos services publics et de notre système de protection sociale. Elles et ils invitent auteur·rices et lecteur·rices à se joindre au mouvement. «

Pour le comité de rédaction de Genre&histoire

Marianne Thivend et Dominique Picco

 

L’association L’Escouade met en œuvre un beau projet d’usage civique de l’histoire à Ville de Genève – Officiel : « 100Elles* ».

« Dans le canton de Genève, il y a actuellement 549 rues portant le nom d’un homme contre 43 celui d’une femme. Les critères de nomination des rues sont a priori non-genrés – il doit s’agir de personnes ayant marqué de manière pérenne l’histoire de Genève et décédées depuis plus de dix ans – mais un ensemble de phénomènes sociaux et culturels liés au patriarcat et au sexisme contribuent à l’invisibilisation des femmes dans l’ensemble de la sphère publique, les faisant ainsi disparaître, entre autres, de notre histoire collective et de nos rues. Ce type de mécanismes participent encore aujourd’hui à renforcer les inégalités de genre.

En 2019, le projet 100Elles*, mené par l’association L’Escouade et soutenu par le Service Agenda 21 de la Ville, a donc investi Genève, et cent figures féminines, sélectionnées selon les critères actuels de nomination des rues, ont désormais une plaque dans la ville. Grâce au travail biographique d’un collectif d’historien.ne.x.s de l’Université de Genève, ces femmes et leur histoire sont à découvrir sur le site 100Elles.ch ou à l’occasion d’une visite guidée. »

À la période charnière de la crise révolutionnaire, l’ouvrage questionne le rôle politique des femmes dans un moment propice à la transgression des normes. La Révolution a été considérée par la majorité des historiennes du Gender comme le tournant critique des rapports entre la République et les femmes. Les fonds d’archives provençales et comtadines et l’historiographie locale sont revisités en fonction du rôle des femmes dans l’espace public en situation de crise. Les pratiques politiques féminines sont d’abord étudiées dans la conflictualité d’Ancien Régime utilisée comme moyen d’expression politique. Malgré le refus des droits politiques, la période révolutionnaire voit des femmes patriotes s’affirmer comme membres du Souverain, en militant dans des clubs féminins ou mixtes, participant aux journées révolutionnaires et aux politiques de Terreur. D’autres Provençales et Comtadines se mobilisent pour résister au monde nouveau qui se crée et sont victimes de leur engagement. À côté des femmes agissantes que révèlent les archives, les sources montrent l’importance du rôle des représentations – des furies de guillotine aux victimes de la Révolution mises en valeur par le camp conservateur. On constate l’influence de ces représentations sur l’évolution des options collectives et leur enracinement géographique, ainsi que sur la place des femmes dans le champ du politique jusqu’à nos jours.

Martine Lapied,

Collection Penser le Genre, aux Presses Universitaires de Provence, 2019

Cet ouvrage collectif présente les travaux originaux d’historiens de l’Antiquité qui ont souhaité contribuer à une meilleure connaissance de la place des femmes dans les provinces orientales hellénophones de l’Empire romain, qu’il s’agisse de prêtresses (des cultes civiques, panhelléniques ou impérial) ou de chrétiennes, d’épouses de notables (citoyens romains ou non) ou d’esclaves. Tous les types de documents ont été mis à contribution : textes littéraires, inscriptions, sources archéologiques.

 

De la princesse idéale à la « reine scélérate », de la traîtresse étrangère à la figure martyre, de l’héroïne adolescente à la mère bigote, de la femme de culture à l’icône de mode, l’image de la reine Marie-Antoinette, tour à tour adorée ou honnie, n’a cessé d’évoluer au cours des siècles.
En suivant le fil de l’exposition qui se tiendra à la Conciergerie du 16 octobre 2019 au 26 janvier 2020, cet ouvrage, à travers 14 essais et 16 notices, commentera les multiples représentations de la reine et montrera comment le rapport à Marie-Antoinette a souvent été passionnel, déterminant des cultes, des hommages, ou au contraire de violentes attaques.
Si la France de son temps l’a peu comprise – aux portraits de cour et images pieuses répondent les caricatures –, les imaginaires s’en sont emparé par la suite, jusqu’à en faire une héroïne de cinéma interprétée par les plus grandes actrices (de Sarah Bernhardt à Diane Kruger), le personnage culte d’un manga japonais (La Rose de Versailles de Riyoko Ikeda) ou encore un produit de grande consommation.
La reine Marie-Antoinette connaît aujourd’hui un revival étonnant. Devenue une icône, un objet de pop culture, elle est la figure historique la plus internationalement commentée dans les livres ou les films, la plus dépeinte par les artistes contemporains ; elle incarne, tout simplement, une jeune femme de son/notre temps.
catalogue d’exposition dirigé par Antoine de Baecque, Editions du Patrimoine, 2019.

Cette première édition du feuilleton Le Père Brafort (publié par le Siècle de novembre 1872 à février 1873) nous fait découvrir un roman de mœurs politique, socialiste et féministe, l’un des rares textes littéraires traitant de deux insurrections largement oubliées : celles de juin 1832 et juin 1848. Écrit dans une période de frémissement révolutionnaire, publié avec la volonté de porter un message d’espoir malgré l’écrasement de la Commune, ce récit continue aujourd’hui d’interpeller les lecteurs sur bien des enjeux actuels, en les invitant à « voir les choses autrement qu’avec l’œil de l’habitude ».

Texte établi, annoté et commenté par Alice Primi et Jean-Pierre Bonnet, PU Rennes, 2019.

Sous la direction éditoriale d’Annette Lykknes (Norwegian University of Science and Technology, Norway) et de Brigitte Van Tiggelen (Science History Institute, USA)

Aux éditions World Scientific Publishing Co.

 August 2019.

Ce livre offre un point de vue original sur l’histoire du Tableau Périodique des Eléments ou Table de Mendeleïev dont on célèbre le 150ème anniversaire: un volume collectif comprenant de courts articles illustrés sur les femmes et leur contribution à la construction et à la compréhension du tableau périodique et des éléments eux-mêmes. Le Tableau Périodique a évolué depuis la classification introduite par Mendeleïev mais le principe reste le même : les actuels 118 éléments sont classés par ordre croissant de numéro atomique en fonction de leur configuration électronique, donc de leurs propriétés chimiques.

Peu de textes existants traitent des contributions des femmes au tableau périodique. Ce livre sur le travail des femmes chimistes rassemble 28 biographies qui démontrent le caractère multiforme des travaux sur les éléments chimiques et leurs relations périodiques. Les rédacteurs estiment que ces récits permettront une meilleure compréhension de la nature de la science, et du travail collaboratif qu’elles ont fourni (par opposition à la représentation traditionnelle du génie solitaire).

Autour d’Annette Lykknes et Brigitte Van Tiggelen, l’équipe des auteurs est internationale : Gisela Boeck, Donald Opitz, John Hudson, Claire Murray, Jessica Wade, Jeffrey Allan Johnson, Mary Mark Ockerbloom, Marelene Rayner-Canham, Maria Rentetzi, Geoffrey Rayner-Canham, Patrice Bret, Keiko Kawashima, Xavier Roqué, Ian D. Rae, Louis-Pascal  Jacquemond, Krister Nordlund, Matt Shindell, Ignacio Suay-Matallana, ….

En ce qui concerne la sélection des femmes, les chapitres incluent des contributions aux tableaux pré-périodiques ainsi que les découvertes récentes, les histoires inconnues ainsi que les plus célèbres. L’accent a été mis sur les travaux menés à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle qui reflètent une grande variété de contextes.

D’Emilie du Chatelet à Dorothea Wallich et Marie-Anne Lavoisier, d’Ellen Swallow Richards à Marie Curie, Ellen Gleditsch et Harriet Brooks, d’Ida Noddak à Lise Meitner, Marguerite Pérey et Clara Immerwahr, de Stephanie Horovitz à Margaret Todd, Irène Joliot-Curie et May Sybil Leslie, d’Isabella Karl à Chien Shiung Wu et Ida Freund, de Cecilia Payne à Berta Karlik, Reatha King, et Alice Hamilton, de Gertrud Woker à Julia Lermontova et Barbara Bowen, de Sonja Smith-Meyer Hoel à Toshiko Mayeda et Yvette  Cauchois, ce sont plusieurs générations de femmes scientifiques venues de tous les continents qui sont ainsi mises en lumière.

La table des matières complète de Women in their Elements: Selected Women’s Contributions to the Periodic System se trouve à l’adresse suivante : https://www.worldscientific.com/worldscibooks/10.1142/11442#t=toc

et la contribution concernant Irène Curie, le chapitre 28, par Louis-Pascal Jacquemond : https://doi.org/10.1142/9789811206290_0028.

Table Ronde aux 22e Rendez-vous de l’histoire de Blois

Le vendredi 11 octobre 2019, de 14h30 à 16h au petit Amphi de l’INSA, retrouvez-nous pour une table ronde intitulée « La famille à l’Italienne : stéréotype ou identité », avec Cécile Béghin en modératrice, Robinson Baudry, Isabelle Chabot, Anna Bellavitis et Azzura Tafuro en intervenant.e.s.

Table Ronde de Mnémosyne aux 22e Rendez-Vous de l’Histoire de Blois – 11 octobre 2019.

Articles

Justine Audebrand
La promotion d’une idéologie carolingienne autour de la reine Gerberge (milieu duXe siècle) [Texte intégral]
The promotion of a Carolingian ideology in the circle of Queen Gerberga (mid tenth century)
Mariela Fargas Peñarrocha
Desordenando el género de la genealogía: conflictos entre élites y desafíos a propósito de la dote (Barcelona, s. XVI-XVII) [Texte intégral]
Désordonner le genre de la généalogie : les élites au défi de la transmission des dots (Barcelone 1500-1650)
Disordering gender with genealogy: elites and the transmission of dowry (Barcelona, 1500-1650)
Damien Delille
Trans-archive. Magnus Hirschfeld et l’atlas visuel des sexualités de l’entre-deux-guerres [Texte intégral]
Trans-archive. Magnus Hirschfeld and the visual atlas of sexuality in the inter-war period
Itinéraires

Christopher Fletcher
Entretien avec Lyndal Roper [Texte intégral]

Travaux soutenus

  • Masters candidats au Prix Mnémosyne 2017 [Texte intégral]
  • Laura Tatoueix, L’avortement en France à l’époque moderne. Entre normes et pratiques (mi-XVIe siècle-1791) [Texte intégral] Thèse de doctorat en histoire moderne, EHESS et Université de Rouen Normandie, sous la direction de Sylvie Steinberg et Anna Bellavitis, soutenue le 9 novembre 2018
  • Patrick Roudière, L’engagement des femmes dans les sociétés françaises de la Croix-Rouge, 1864-1940 [Texte intégral]Thèse de doctorat en histoire contemporaine, Université Lyon 3 Jean Moulin, sous la direction d’Éric Baratay, soutenue le 1er décembre 2017
  • Bertrand Noblet, Modèles et valeurs masculins dans les manuels d’Histoire en Espagne, 1931-1982 [Texte intégral] Thèse de doctorat en histoire contemporaine, Université Clermont Auvergne, sous la direction de Jean-Philippe Luis, soutenue le 2 avril 2019
  • Émilie Blanc, “Art Power” : tactiques artistiques et politiques de l’identité en Californie (1966-1990) [Texte intégral] Thèse de doctorat en histoire de l’art contemporain, Université Rennes 2, sous la direction d’Elvan Zabunyan, soutenue le 15 novembre 2017

Comptes Rendus

  • Jean-Baptiste Bonnard / Lydie Bodiou, Frédéric Chauvaud, Ludovic Gaussot, Marie-José Grihom & Myriam Soria (dir.), Le corps en lambeaux. Violences sexuelles et sexuées faites aux femmes [Texte intégral]Préface de Catherine Coutelle, postface de Michelle Perrot, Rennes, Presses universitaires de Rennes, “Histoire”, 2016, 416 p.
  • Emmanuel Saint-Fuscien / Luc Capdevila, Femmes, armée et éducation dans la Guerre d’Algérie. L’expérience du service de formation des jeunes en Algérie [Texte intégral]Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, 234 p.
  • Justine Audebrand / Simon MacLean, Ottonian Queenship [Texte intégral]Oxford, Oxford University Press, 2017, 247 p.
  • Jérôme Wilgaux /Adrienne Mayor, Les Amazones. Quand les femmes étaient les égales des hommes (VIIIe siècle av. J.-C. – Ier siècle apr. J.-C.) [Texte intégral]Paris, La Découverte, 2017 (traduit de l’anglais – États-Unis – par Philippe Pignare). Préface de Violaine Sebillotte Cuchet, 560 p.
  • Nicolas Lyon-Caen/Anne Montenach, Femmes, pouvoirs et contrebande dans les Alpes au xviiie siècle [Texte intégral]Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2017, 318 p.
  • Élisabeth Lusset / Steven Vanderputten, Dark Age Nunneries. The Ambiguous Identity of Female Monasticism, 800-1050 [Texte intégral]Ithaca/Londres, Cornell University Press, 2018, 309 p.