Responsables du numéro

Anne Hugon, Clyde Plumauzille & Mathilde Rossigneux-Méheust

Avec la notion de care, les études féministes ont fait des qualités d’attention à autrui et des activités liées au souci des autres un territoire de recherche et un enjeu de société. L’enjeu de ce numéro est donc de mettre à l’épreuve cette notion dans le champ de l’histoire et d’apprécier les domaines de l’activité humaine et les dynamiques sociales et sexuées du passé qu’elle invite à questionner. Les auteur.es se penchent sur les femmes pourvoyeuses de soin en Grèce ancienne, les nourrices employées par un hôpital de Marseille au Moyen Age, les sœurs de la Charité du XIXe siècle français, les ambulancier.es de la Croix Rouge en temps de guerre, les assistantes sociales de l’entre-deux-guerres, les nourrices ou médecins en contexte colonial, ou encore les sages-femmes d’aujourd’hui. Suivies d’un état de l’art critique et réflexif, ces différentes contributions évoquent tantôt l’invisibilité, tantôt la valorisation du travail de care, qui se déploie dans le contexte familial ou encore dans les institutions religieuses ou publiques de soin. Elles permettent ainsi de penser dans le temps long l’histoire de ce travail subalterne de soin et de service, largement féminin.

Flyer de presentation Clio 49 Clio FGH

Cinq ans après son premier Congrès qui s’est tenu en septembre 2014 à l’ENS Lyon, l’Institut du genre organise en 2019 son deuxième Congrès, en partenariat avec l’Université d’Angers, sur le thème : « Genre et émancipation ».

Toutes les infos en ligne > https://congresgenre19.sciencesconf.org/

L’association Mnémosyne pour le développement de l’histoire des femmes et du genre souhaite une nouvelle fois manifester sa consternation et sa colère après la lecture des nouveaux programmes d’histoire-géographie de Terminale, présentés au CSE le 11 juillet et rendus publics par le SNES le 10 juillet 2019. En effet, ce texte est la confirmation que notre appel de décembre 2018 au sujet des nouveaux programmes d’histoire de Seconde et Première, n’a pas été entendu. Pire encore, les corrections apportées au programme de Terminale dans la dernière mouture proposée au CSE marquent un nouveau recul dans la représentation des femmes dans l’histoire enseignée aux jeunes lycéennes et lycéens.
Dans le programme de tronc commun général, en effet, les «Résistantes françaises» disparaissent des points de passage et d’ouverture recommandés dans la leçon sur la Seconde Guerre Mondiale et l’étude de la politique libérale de Margaret Thatcher est remplacée par celle de Ronald Reagan et de Deng Xiaoping. Les élèves de terminale n’entendront parler de femmes que dans une sous-partie du thème 3 sur le tournant social, politique et culturel de la France entre 1974 et 1988, consacrée à «l’évolution de la place et des droits des femmes et des jeunes», avec un point de passage et d’ouverture sur la Loi Veil de 1975. Dans le programme de spécialité H2GSP, peu propice à une lecture mixte et égalitaire de la géopolitique mondiale, on observe la suppression du thème 4 sur «pauvreté et inégalités», qui permettait de réfléchir dans ses jalons sur «femmes et pauvreté, les programmes de l’ONU pour réduire les inégalités», et sur «les politiques publiques dans les pays européens en faveur de l’égalité entre hommes et femmes depuis les années 60». Reste pour ce programme un jalon dans l’axe 1 du thème 6, «L’enjeu de la connaissance», intitulé «Donner accès à la connaissance: grandes étapes et alphabétisation des femmes du XVIème siècle à nos jours dans le monde». Dans le programme de terminale technologique, seul un sujet d’étude sur «l’évolution de la place et des droits des femmes», la dernière prévue pour le programme de l’année, permettra aux élèves d’entendre parler de femmes et de luttes pour l’égalité.
Cette lecture des programmes proposés par la DGESCO invite à trois remarques. Tout d’abord, la quasi disparition d’une histoire sociale et culturelle ne laisse aucune possibilité de transmettre une histoire mixte. La faiblesse des occurrences féminines dans les thèmes, les axes, les jalons ou les points de passage et d’ouverture, comme l’ignorance absolue des problématiques de genre ne permettra guère aux enseignants de proposer à leurs élèves une vision renouvelée de l’histoire, et donc de répondre à une demande sociale de plus en plus clairement exprimée. D’autre part, les thèmes choisis pour évoquer les femmes n’apportent en rien un renouvellement ni un approfondissement de connaissances aux élèves: ils se contentent de reprendre des leçons déjà abordées dans les cours de collège. Enfin le contenu des leçons et les problématiques choisies ne rendent pas hommage aux multiples travaux de chercheur.e.s en histoire et en sciences sociales, qui permettent d’enrichir ou renouveler la plupart des éléments du programme. Si l’on peut saluer l’effort fait d’évoquer les difficultés d’accès à l’éducation et au savoir des femmes dans le programme de H2GSP, nous espérions que les rédactrices et rédacteurs du nouveau programme d’histoire de Terminale auraient saisi l’occasion de diffuser des connaissances sur la présence des femmes dans l’histoire, les inégalités entre les sexes, et ainsi en sensibilisant les lycéennes et les lycéens, contribuer à édifier une société plus égalitaire. Espoir déçu qui renforcera à l’avenir notre mobilisation.
L’Association Mnémosyne pour le développement de l’histoire des femmes et du genre

N’hésitez pas à diffuser ce texte largement dans vos réseaux.

 

 

 

Call for Applications for one doctoral and two post-doctoral positions advertized in connection with my ERC-supported research project Women’s labour activism in Eastern Europe and transnationally, from the age of empires to the late 20th century ( ZARAH ) .

https://www.ceu.edu/project/zarah-womens-labour-activism

 

 

 

 

Project Description
ZARAH explores the history of women’s labour activism and organizing to improve labour conditions and life circumstances of lower and working class women and their communities—moving these women from the margins of labour, gender, and European history to the centre of historical study.
ZARAH’s research rationale is rooted in the interest in the interaction of gender, class, and other dimensions of difference (e.g. ethnicity and religion) as forces that shaped women’s activism. It addresses the gender bias in labour history, the class bias in gender history, and the regional bias in European history. ZARAH conceives of women’s labour activism as emerging from the confluence of local, nation-wide, border-crossing and international initiatives, interactions and networking. It studies this activism in the Austro-Hungarian and Ottoman Empires, the post-imperial nation states, and during the Cold War and the years thereafter. Employing a long-term and trans-regional perspective, ZARAH highlights how a history of numerous social upheavals, and changing borders and political systems shaped the agency of the women studied, and examines their contribution to the struggle for socio-economic inclusion and the making of gender-, labour-, and social policies.
ZARAH comprises, in addition to the PI, an international group of post-doctoral and doctoral researchers at CEU, distinguished by their excellent command of the history and languages of the region. ZARAH consists of a web of component and collaborative studies, which include all relevant groups of activists and activisms, span the whole region, and cover the period between the 1880s and the 1990s. It will generate key research resources that are available to all students and scholars.
The positions advertised now each include, in addition to the collaborative work, a focus on one component study. The component studies involve a focus on both a specific region and related trans- and international connections and organizing.

MIGRANTES, MIGRANTS relire les sources, réécrire l’histoire est en ligne sur la chaine Association Mnémosyne – Dailymotion

avec toutes les interventions et les débats des tables ronde.

migrantes, migrants
relire les sources, réécrire l’histoire
La féminisation des migrations internationales est une réalité et fait l’actualité. Aussi la visibilité de ces migrantes tout autant que les politiques migratoires ou l’accueil des réfugié.e.s obligent à explorer la dimension genrée des migrations. Cette journée d’étude souhaite faire connaitre l’histoire du genre des migrations et ainsi contribuer à une réflexion collective sur ces enjeux. Depuis près de 40 ans, des recherches historiques ont montré et analysé la part des femmes dans les migrations qui varie selon les moments, les espaces et les groupes. Les recherches récentes qui intègrent le concept de genre s’intéressent à cette variation dans la longue durée (de la préhistoire à nos jours), aux parcours migratoires, aux représentations genrées des migrant.e.s, et les étudient en lien avec les normes sociales à différentes échelles et les systèmes étatiques et économiques. Deux tables rondes, l’une sur l’historiographie et l’autre sur les sources, porteront sur différentes périodes, de l’Antiquité à la période contemporaine.

Ouverture
Marianne AMAR, Musée national de l’histoire de l’immigration
Julie VERLAINE, présidente de Mnémosyne

Table ronde 1 Questionner le genre des migrations (14h-15h30)
Modératrice : Delphine DIAZ, Université de Reims Champagne-Ardenne, CERHiC
Brigitte LION, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ArScAn
Irene BARBIERA, Université de Padoue
Nancy L. GREEN, EHESS, CRH (Paris)

PAUSE 15h30-16h

Table ronde 2 Nouveaux regards (16h-17h30)
Modératrice : Sylvie APRILE, Université Paris Nanterre, ISP
Antonio DE ALMEIDA MENDES, Université de Nantes, CRHIA
Linda GUERRY, LARHRA (Lyon) et Institut des Migrations
Caroline IBOS, Université Rennes 2, LEGS (Paris)

La journée a eu lieu le SAMEDI 19 JANVIER 2019 au Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris

The University of Luxembourg is a multilingual, international research University.

 

The Centre for Contemporary and Digital History (University of Luxembourg) has a job opening for a Post-doctoral position on project in 20th Century European History:

Post-doc in Contemporary European History (m/f)

  • Ref: I3-50010502
  • Fixed-term contract 3 years (with possibility of prolongation)
  • Full-time position (40h/week)
  • Employee status
  • Earliest starting date November: 1st, 2019
Your Role

– conduct a clear defined research project with a strong focus on comparative, transnational or international history

– expand the international network of the C2DH

– raise third-party funds

– teaching at BA or MA level (60 hours a year)

For further information please contact: Benoît Majerus (benoit.majerus@uni.lu)

For more information information about C2DH, please visit: www.c2dh.uni.lu

Your Profile
  • PhD in Contemporary History
  • Very good track record of publications in relevant peer reviewed journals
  • Participation in collaborative and interdisciplinary research projects
  • Experience in writing grant proposals
  • Active knowledge in English and in either German or French
We offer

– an interesting position within an international research centre

– dynamic and multicultural research environment

Further Information

Applicants are invited to apply online by presenting a research proposal (3 to 5 years) on a self-selected topic with detailed work packages and publication strategy (5 pages). The application should also contain:

– a curriculum vitae

– a teaching proposal (1 page)

– one article or book chapter

– two reference letters

Further Information

The University of Luxembourg is an equal opportunity employer.

Application deadline: 15 July 2019.

La fête des Mères n’a pas été inventée par le maréchal Pétain selon l’idée reçue qui refleurit à chaque mois de mai. Cette fête a une source : le culte antique aux Déesses-Mères. Dans sa forme actuelle, la fête est la rencontre, au cours de la Première Guerre mondiale, entre la fête sentimentale de féministes américaines et la fête nataliste des populationnistes français. En imposant la préparation de la fête des Mamans à l’école, le maréchal Pétain en a fait un hymne à la Mère au foyer. Les IVe et Ve Républiques ont entériné cette pratique. La marchandisation a fait le reste.


Louis-Pascal JACQUEMOND, PU Rennes, 2019
http://pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4836

L’émission Eclats d’histoire d’Aligre FM, animée par Luc Daireaux, était consacrée ce jeudi 7 mars 2019 à l’histoire des femmes et du genre.
Au programme : la présentation des activités de Mnémosyne et un dialogue avec les lauréates du prix Mnémosyne 2018 :
– Lucie Jardot, Prix de l’association Mnémosyne 2018, pour son master (Paris I, 2017), Les sceaux des comtesses de Flandre et de Hainaut (XIIIe-XVe s.) : de la représentation princière au pouvoir politique.
-Chloé d’Arcy, mention spéciale du Prix Mnémosyne 2018, pour son master (2017, Sciences Po), Marie Taglioni, étoile de la danse. Constructions, évolutions et implications du vedettariat de la ballerine (1822-1870).

Voici le lien vers l’émission, réécoutable et téléchargeable :
https://soundcloud.com/luc-daireaux/eclats-dhistoire-aligre-fm-autour-de-lhistoire-des-femmes-c-darcy-et-l-jardot-070319

« La musique a-t-elle un genre ? » : la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant ! Comme la littérature et la peinture, la musique n’échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l’ombre les femmes artistes.

Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d’invisibilisation des musiciennes à l’oeuvre tant dans l’historiographie que dans l’imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations.

Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l’enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d’éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente.

Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d’hier et d’aujourd’hui.

http://www.editions-sorbonne.fr/fr/livre/?GCOI=28405100379850

Mélanie TRAVERSIER, Alban RAMAUT (dir.), Editions de La Sorbonne, 2019.