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La période de confinement, si difficile à vivre pour certain.es, laisse à d’autres un temps distendu propice à la lecture de revues scientifiques et pourquoi pas du numéro 24 de la revue électronique Genre&Histoire qui vient d’être mis en ligne.

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Cliquez sur l’image pour accéder au n°24 de Genre & Histoire

Ce numéro comprend un dossier thématique « Genre et nations partitionnées » dirigé par Anne Castaing et Benjamin Joinau. Vous y retrouverez également les rubriques habituelles : comptes-rendus, travaux soutenus – dont les résumés des masters présentés au Prix Mnémosyne 2018.

Nous attirons votre attention sur la publication, dans ce numéro, d’un édito « Sciences en danger, revues en lutte », écrit par le collectif des Revues en lutte que Genre & Histoire a rejoint depuis janvier 2020. La revue reste en effet mobilisée dans le mouvement d’opposition à la future loi pluriannuelle de programmation de la recherche (LPPR) et participe aux actions du collectif. Plus d’infos, voir https://universiteouverte.org/category/collectifs-mobilises/revues-en-lutte/

Le comité de rédaction : Marianne Thivend, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Université Lumière Lyon 2 – LARHRA et Dominique Picco, maîtresse de conférences en histoire moderne, Université Bordeaux Montaigne – CEMMC

En avant-première du 8 mars 2020, sept associations* et les Éditions iXe lancent la campagne FIÈRES DE NOS TALENTS ET DES MOTS QUI LES DISENT ! Car, au féminin, les noms qui désignent les activités longtemps monopolisées par les hommes continuent d’être mal aimés, ou distordus pour ressembler encore et toujours à des noms masculins.

Cette campagne fait suite à l’action des diplômées en doctorat de mathématiques de l’Université Lyon 1, qui ont souhaité voir écrit le mot « doctoresse » sur le procès-verbal de leur soutenance et sur leur diplôme, et non celui de « docteur ». Or il s’avère que cette inscription n’est qu’une vieille habitude du temps où les femmes n’étaient pas admises dans les universités. De fait, aucun diplôme ne devrait présenter de titre (ni au féminin, ni au masculin), mais seulement le nom du diplôme lui-même (licence, master, doctorat…).

ÉTUDIANT·ES, ENSEIGNANT·ES, renseignez-vous ! Téléchargez la note « Pour la fin des diplômes au masculin (24 février 2020) » rédigée par Colette Guillopé & Éliane Viennot, et menez la lutte localement !

* femmes et mathématiques, Femmes & Sciences, Femmes ingénieurs, Mnémosyne, Réussir l’Égalité Femmes-Hommes (REFH), Société Internationale pour l’Étude des Femmes de l’Ancien Régime (SIEFAR), Conférence permanente des chagé·es de mission Égalité Diversité (CPED)

Plus d’informations : https://www.editions-ixe.fr/fieres-de-nos-talents-et-des-mots-qui-les-disent/

Le jury du prix Mnémosyne s’est réuni vendredi 31 janvier 2020 pour départager les 45 mémoires qui ont participé pour le Prix Mnémosyne 2019. A la lumière des expertises d’un jury toujours aussi investi, le prix Mnémosyne 2019 a été attribué au master de

Maria Goupil-Travert, Les femmes militaires dans les armées révolutionnaires, royalistes et impériales (1791 – 1851). De l’expérience transgressive au récit autobiographique, sous la direction de Sylvie Steinberg (EHESS), 2018-2019.

Lucie Jardot, Sceller et gouverner Pratiques et représentations du pouvoir des comtesses de Flandre et de Hainaut (XIIIe-XVe siècle), PUR-Mnémosyne, 2020

Entre 1244 et 1503, Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur champ politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement.

Avec une préface d’Olivier Mattéoni.

« Le comité de rédaction de la revue Genre & Histoire a décidé de se mettre en grève à compter du 15 janvier 2020 pour exprimer son soutien au mouvement contre la réforme des retraites, particulièrement préjudiciable aux femmes, mais également aux enseignant.es de tous les niveaux, aux chercheur·es, à tous les agents de la fonction publique et à tous les jeunes que les enseignant·es-chercheur·es forment à la vie professionnelle.

Ce comité souhaite également manifester son opposition à la loi pluriannuelle de programmation de la recherche, dont les documents préparatoires font craindre qu’elle ne précarise encore plus les jeunes chercheur·es et rende plus difficiles les différentes formes de valorisation de la recherche auxquelles les revues électroniques participent.

Les membres du comité cessent donc leurs activités éditoriales jusqu’à nouvel ordre et se joignent aux autres revues en grève pour organiser des actions collectives contre la destruction programmée de nos services publics et de notre système de protection sociale. Elles et ils invitent auteur·rices et lecteur·rices à se joindre au mouvement. «

Pour le comité de rédaction de Genre&histoire

Marianne Thivend et Dominique Picco

 

L’association L’Escouade met en œuvre un beau projet d’usage civique de l’histoire à Ville de Genève – Officiel : « 100Elles* ».

« Dans le canton de Genève, il y a actuellement 549 rues portant le nom d’un homme contre 43 celui d’une femme. Les critères de nomination des rues sont a priori non-genrés – il doit s’agir de personnes ayant marqué de manière pérenne l’histoire de Genève et décédées depuis plus de dix ans – mais un ensemble de phénomènes sociaux et culturels liés au patriarcat et au sexisme contribuent à l’invisibilisation des femmes dans l’ensemble de la sphère publique, les faisant ainsi disparaître, entre autres, de notre histoire collective et de nos rues. Ce type de mécanismes participent encore aujourd’hui à renforcer les inégalités de genre.

En 2019, le projet 100Elles*, mené par l’association L’Escouade et soutenu par le Service Agenda 21 de la Ville, a donc investi Genève, et cent figures féminines, sélectionnées selon les critères actuels de nomination des rues, ont désormais une plaque dans la ville. Grâce au travail biographique d’un collectif d’historien.ne.x.s de l’Université de Genève, ces femmes et leur histoire sont à découvrir sur le site 100Elles.ch ou à l’occasion d’une visite guidée. »

Articles

Justine Audebrand
La promotion d’une idéologie carolingienne autour de la reine Gerberge (milieu duXe siècle) [Texte intégral]
The promotion of a Carolingian ideology in the circle of Queen Gerberga (mid tenth century)
Mariela Fargas Peñarrocha
Desordenando el género de la genealogía: conflictos entre élites y desafíos a propósito de la dote (Barcelona, s. XVI-XVII) [Texte intégral]
Désordonner le genre de la généalogie : les élites au défi de la transmission des dots (Barcelone 1500-1650)
Disordering gender with genealogy: elites and the transmission of dowry (Barcelona, 1500-1650)
Damien Delille
Trans-archive. Magnus Hirschfeld et l’atlas visuel des sexualités de l’entre-deux-guerres [Texte intégral]
Trans-archive. Magnus Hirschfeld and the visual atlas of sexuality in the inter-war period
Itinéraires

Christopher Fletcher
Entretien avec Lyndal Roper [Texte intégral]

Travaux soutenus

  • Masters candidats au Prix Mnémosyne 2017 [Texte intégral]
  • Laura Tatoueix, L’avortement en France à l’époque moderne. Entre normes et pratiques (mi-XVIe siècle-1791) [Texte intégral] Thèse de doctorat en histoire moderne, EHESS et Université de Rouen Normandie, sous la direction de Sylvie Steinberg et Anna Bellavitis, soutenue le 9 novembre 2018
  • Patrick Roudière, L’engagement des femmes dans les sociétés françaises de la Croix-Rouge, 1864-1940 [Texte intégral]Thèse de doctorat en histoire contemporaine, Université Lyon 3 Jean Moulin, sous la direction d’Éric Baratay, soutenue le 1er décembre 2017
  • Bertrand Noblet, Modèles et valeurs masculins dans les manuels d’Histoire en Espagne, 1931-1982 [Texte intégral] Thèse de doctorat en histoire contemporaine, Université Clermont Auvergne, sous la direction de Jean-Philippe Luis, soutenue le 2 avril 2019
  • Émilie Blanc, “Art Power” : tactiques artistiques et politiques de l’identité en Californie (1966-1990) [Texte intégral] Thèse de doctorat en histoire de l’art contemporain, Université Rennes 2, sous la direction d’Elvan Zabunyan, soutenue le 15 novembre 2017

Comptes Rendus

  • Jean-Baptiste Bonnard / Lydie Bodiou, Frédéric Chauvaud, Ludovic Gaussot, Marie-José Grihom & Myriam Soria (dir.), Le corps en lambeaux. Violences sexuelles et sexuées faites aux femmes [Texte intégral]Préface de Catherine Coutelle, postface de Michelle Perrot, Rennes, Presses universitaires de Rennes, “Histoire”, 2016, 416 p.
  • Emmanuel Saint-Fuscien / Luc Capdevila, Femmes, armée et éducation dans la Guerre d’Algérie. L’expérience du service de formation des jeunes en Algérie [Texte intégral]Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, 234 p.
  • Justine Audebrand / Simon MacLean, Ottonian Queenship [Texte intégral]Oxford, Oxford University Press, 2017, 247 p.
  • Jérôme Wilgaux /Adrienne Mayor, Les Amazones. Quand les femmes étaient les égales des hommes (VIIIe siècle av. J.-C. – Ier siècle apr. J.-C.) [Texte intégral]Paris, La Découverte, 2017 (traduit de l’anglais – États-Unis – par Philippe Pignare). Préface de Violaine Sebillotte Cuchet, 560 p.
  • Nicolas Lyon-Caen/Anne Montenach, Femmes, pouvoirs et contrebande dans les Alpes au xviiie siècle [Texte intégral]Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2017, 318 p.
  • Élisabeth Lusset / Steven Vanderputten, Dark Age Nunneries. The Ambiguous Identity of Female Monasticism, 800-1050 [Texte intégral]Ithaca/Londres, Cornell University Press, 2018, 309 p.
Cinq ans après son premier Congrès qui s’est tenu en septembre 2014 à l’ENS Lyon, l’Institut du genre organise en 2019 son deuxième Congrès, en partenariat avec l’Université d’Angers, sur le thème : « Genre et émancipation ».

Toutes les infos en ligne > https://congresgenre19.sciencesconf.org/

L’association Mnémosyne pour le développement de l’histoire des femmes et du genre souhaite une nouvelle fois manifester sa consternation et sa colère après la lecture des nouveaux programmes d’histoire-géographie de Terminale, présentés au CSE le 11 juillet et rendus publics par le SNES le 10 juillet 2019. En effet, ce texte est la confirmation que notre appel de décembre 2018 au sujet des nouveaux programmes d’histoire de Seconde et Première, n’a pas été entendu. Pire encore, les corrections apportées au programme de Terminale dans la dernière mouture proposée au CSE marquent un nouveau recul dans la représentation des femmes dans l’histoire enseignée aux jeunes lycéennes et lycéens.
Dans le programme de tronc commun général, en effet, les «Résistantes françaises» disparaissent des points de passage et d’ouverture recommandés dans la leçon sur la Seconde Guerre Mondiale et l’étude de la politique libérale de Margaret Thatcher est remplacée par celle de Ronald Reagan et de Deng Xiaoping. Les élèves de terminale n’entendront parler de femmes que dans une sous-partie du thème 3 sur le tournant social, politique et culturel de la France entre 1974 et 1988, consacrée à «l’évolution de la place et des droits des femmes et des jeunes», avec un point de passage et d’ouverture sur la Loi Veil de 1975. Dans le programme de spécialité H2GSP, peu propice à une lecture mixte et égalitaire de la géopolitique mondiale, on observe la suppression du thème 4 sur «pauvreté et inégalités», qui permettait de réfléchir dans ses jalons sur «femmes et pauvreté, les programmes de l’ONU pour réduire les inégalités», et sur «les politiques publiques dans les pays européens en faveur de l’égalité entre hommes et femmes depuis les années 60». Reste pour ce programme un jalon dans l’axe 1 du thème 6, «L’enjeu de la connaissance», intitulé «Donner accès à la connaissance: grandes étapes et alphabétisation des femmes du XVIème siècle à nos jours dans le monde». Dans le programme de terminale technologique, seul un sujet d’étude sur «l’évolution de la place et des droits des femmes», la dernière prévue pour le programme de l’année, permettra aux élèves d’entendre parler de femmes et de luttes pour l’égalité.
Cette lecture des programmes proposés par la DGESCO invite à trois remarques. Tout d’abord, la quasi disparition d’une histoire sociale et culturelle ne laisse aucune possibilité de transmettre une histoire mixte. La faiblesse des occurrences féminines dans les thèmes, les axes, les jalons ou les points de passage et d’ouverture, comme l’ignorance absolue des problématiques de genre ne permettra guère aux enseignants de proposer à leurs élèves une vision renouvelée de l’histoire, et donc de répondre à une demande sociale de plus en plus clairement exprimée. D’autre part, les thèmes choisis pour évoquer les femmes n’apportent en rien un renouvellement ni un approfondissement de connaissances aux élèves: ils se contentent de reprendre des leçons déjà abordées dans les cours de collège. Enfin le contenu des leçons et les problématiques choisies ne rendent pas hommage aux multiples travaux de chercheur.e.s en histoire et en sciences sociales, qui permettent d’enrichir ou renouveler la plupart des éléments du programme. Si l’on peut saluer l’effort fait d’évoquer les difficultés d’accès à l’éducation et au savoir des femmes dans le programme de H2GSP, nous espérions que les rédactrices et rédacteurs du nouveau programme d’histoire de Terminale auraient saisi l’occasion de diffuser des connaissances sur la présence des femmes dans l’histoire, les inégalités entre les sexes, et ainsi en sensibilisant les lycéennes et les lycéens, contribuer à édifier une société plus égalitaire. Espoir déçu qui renforcera à l’avenir notre mobilisation.
L’Association Mnémosyne pour le développement de l’histoire des femmes et du genre

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